Les mots sont rarement choisis par hasard en politique en général, et au Front national en particulier.

Car la bataille politique est d’abord une bataille sémantique et l’extrême droite a toujours choisi avec soin ses mots pour refléter et attiser, les angoisses des Français. Et voilà qu’hier, Marine Le Pen a dégainé un mot, une expression, qui illustre sa grande peur à elle. Il s’agit du mot « Femen ».

Les Femen s'invitent au rassemblement du FN
Les Femen s'invitent au rassemblement du FN © Radio France / Julien Langlet

Ces activistes féministes sont devenues le cauchemar du FN dont elles ont plusieurs fois perturbé les rassemblements. Souvenez-vous du 1er mai dernier, lorsqu’elles avaient interrompu de façon spectaculaire le discours de Marine Le Pen place de l’Opéra, à Paris, à l’occasion du défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc. La patronne du FN a donc traité hier son père de… « petite Femen » ! Plus exactement : « Disons que c’est notre petite Femen personnelle » s’est moquée la présidente du FN à propos de son père qui annoncé son intention, de « passer » ce week-end à l’université d’été du FN qui se tiendra à Marseille.

Le Pen y est persona non grata depuis que sa fille l’a exclu du parti. Il conteste la sanction et avec son dernier carré de vieux fidèles, il tiendra un déjeuner-débat dans un restaurant de la ville avant de « passer », donc, à l’université d’été qui se déroulera, elle, à côté du stade Vélodrome. Et il devrait y avoir du sport ! Chez Jean-Marie Le Pen, on assure que plus de 300 supporters viendront le soutenir et on rêve d’un incident : le service d’ordre de la fille repoussant le fondateur de 87 ans devant une nuée de caméras, voilà qui serait du plus bel effet....

Cette comparaison audacieuse avec une « Femen » traduit la grande peur de Marine Le Pen, celle du désordre . En traitant son père de « Femen », elle cherche, évidemment, à l’humilier, à le ridiculiser aux yeux des militants. Elle veut aussi le ramener au rang de force de nuisance. Et au passage, elle démontre une fois de plus qu’elle est bien la digne fille de son père, car chez les Le Pen, si on a perdu le sens de la famille, on a gardé celui de la formule. On se souvient que lors de la scission du FN, Le Pen renchérissait de trouvailles sémantiques pour moquer Bruno Mégret. Il ne l’appelait plus que le « félon » ou encore « Brutus ».

Aujourd’hui, la grande angoisse de Marine Le Pen, c’est qu’en disciple des Femen, son père ne pourrisse sa campagne des régionales en surgissant de-ci, de-là. Bref, qu’il mène une sorte de guérilla… Alors, Le Pen en guérillero, voire en Che Guevara ? On n’en est pas encore là…

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