Par Marcelo Wesfreid

Deux mois après sa fracassante démission, l'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, a laissé une empreinte à gauche… que beaucoup s'efforcent de gommer…

Taubira n'avait pas que des amis au Gouvernement. Ça, on le sait. Sa fougue, son côté diva, ça agaçait...

La nouveauté, c'est que certains de ses camarades n'hésitent plus à critiquer son bilan. « Franchement, elle n'a rien glandé » , m'a dit la semaine dernière un proche de Manuel Valls. Hors micro, évidemment.

Hier, c'est Jean-Jacques Urvoas, le nouveau garde des Sceaux qui a donné, lui, une interview en bonne et due forme dans Le JDD . Alors, les formulations sont plus polies, bien sûr, mais il n'a pas mâché ses mots. La justice est « sinistrée », selon lui. Elle est « en état d'urgence absolue » avec 36 millions d'euros d'impayés. Des tribunaux n'ont plus de papier pour leurs imprimantes. Or, qui a été ministre de la justice pendant quatre ans?

Urvoas dit en substance : « Avec moi, ce sera moins de grandiloquence, mais plus de résultats.»

Mais plus on s'empresse de l'enterrer, Christiane Taubira, plus elle s'empresse de riposter.

Christiane Taubira
Christiane Taubira © Radio France

Elle revient après-demain avec la préface d'un livre sur le mariage homosexuel, le grand moment de sa carrière. « Comme la gauche était belle étant elle ». Voilà ce qu'on peut y lire, par exemple. Du style 100% Taubira.

Puisqu'on parle de livres, son propre livre,Murmures à la jeunesse , écrit après son départ, est un carton. 136 000 exemplaires. Personne à Gauche ne connaît un tel succès. Elle vient d'en faire la promotion au Québec.

Et elle s'exprime. Elle tweete. Elle écrit sur Facebook. Elle a dit son bonheur de voir la déchéance de la nationalité, qui a causé son départ, jetée aux orties.

Un ministre qui l'a croisée, l'a trouvée soulagée, heureuse d'avoir quitté le navire. Elle est populaire mais ne veut pas créer un parti, parce qu'elle ne veut pas causer la chute de la Gauche à la présidentielle. On lui a déjà fait ce procès en 2002. Et puis, s'ouvre une nouvelle étape de sa vie.

Figurez-vous que Christiane Taubira vient de faire valoir ses droits à la retraite. Officiellement, elle est donc retraitée.

Retraitée heureuse, à Paris, précise son entourage. Elle n'a besoin d'aucun poste ou complément de salaire pour vivre. Une situation qui lui assure une liberté de ton supplémentaire... pour répondre à ses détracteurs.

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