Après 16 ans de bons et loyaux services, Rachid Kasri, qui fut pendant dix ans le chauffeur et le garde du corps de François Hollande, a été licencié du PS. Retour sur un parcours atypique.

Par Marcelo Wesfreid

L’autre jour, le 22 mars, jour de manif, j’ai revu son visage à la télévision. Le même que toujours. Juste une paire de lunettes en plus. Sur les images, il a une oreillette. Il s’occupe d’Olivier Faure, de sa sécurité. Il colle le tout nouveau patron du PS. Quand ça a commencé à chauffer, quand les insultes fusent, il l’exfiltre.

Rachid Kasri, 53 ans maintenant, est visiblement content de renouer avec l’action. Cette adrénaline, elle lui manquait. Rendez-vous compte, il vient des cités de Champigny. Il a été videur de boîte de nuit. Puis, il entre au PS et assure la sécurité de François Hollande pendant dix ans, de 2002 à 2012. Il l’a accompagné partout jusqu’à sa victoire. Il a parfois passé la nuit dans la voiture. Il est le premier à se jeter sur cette déséquilibrée qui avait aspergé Hollande de Farine en 2012. 

La suite de l’histoire est cruelle : Hollande gagne et, en quelque sorte, oublie son body guard. Le nouveau président ne l’emmène pas avec lui à l’Elysée.  Alors, Rachid Kasri se retrouve à Solferino, sans vraie mission. Il tourne en rond. 

Il est redevenu un militant bénévole, il donne un coup de main à Olivier Faure. D’ailleurs, il fera partie du service d’ordre, ce week-end pour le congrès du PS à Aubervilliers, toujours comme bénévole. Il a une comparaison pour expliquer sa présence : 

Je suis supporteur de l’OM. Quand mon équipe est tombée en deuxième division, j’étais toujours derrière, je ne l’ai pas lâchée. 

Si j’ai voulu vous parler de Rachid Kasri, c’est parce qu’il est de bon ton de jeter la pierre sur les permanents des partis : le vieux monde, les apparatchiks. Mais ce sont aussi des profils comme le sien, des anonymes qui ont beaucoup donné, qui mouillent la chemise sans cracher sur un parti qui fut leur seconde maison.  

Il fait partie de la soixantaine de personnes licenciées du PS. Il est dans le plan social. Il a reçu une bonne indemnité. Il n’est pas à plaindre. Mais il sait que son CV est assez peu vendeur.

Pour se remémorer les grandes heures, il revoit de temps en temps son ex patron François Hollande. Qui lui demande des nouvelles de son petit garçon. C’est toujours ça de pris. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.