Le sujet qui monopolise les débats actuellement, c'est le mouvement des Gilets jaunes. Après les violences du week-end, la majorité tremble et la panique commence à gagner les rangs des parlementaires macronistes.

C’est une angoisse collective. Un vrai affolement. Ces députés, il faut le rappeler, ils n’ont pour beaucoup jamais fait de politique. Et ils voient arriver cette crise inédite, et cette violence spectaculaire. Contre les forces de l’ordre, contre les institutions. Ils la vivent en direct. Beaucoup ont reçu des menaces, et commencent à avoir peur pour eux même. 

Un député m’a dit, hier : « Si je ne me fais pas agresser avant la fin de ce quinquennat, c’est que j’aurais eu beaucoup de chance. Un jour, on va retrouver un député mort dans la rue. »  Ca fait froid dans le dos, ce genre de témoignages. Les élus se sentent d’autant plus inquiets qu’ils ne sentent pas dirigés, ils voient que ça vacille au sommet de l’Etat. Macron vient d’annuler son déplacement en Serbie et Edouard Philippe le sien en Pologne pour la COP24.

 Comment sort-on de cette crise ?

La majorité sait qu’il va falloir lâcher quelque chose, mais quoi ? Les taxes ? Augmenter le Smic ? Revenir sur l’ISF ? Personne n’a de certitude. D’autant que c’est une crise plus profonde qu’un simple problème avec les carburants, sans doute une crise culturelle. 

Mais pour donner la bonne réponse, encore faudrait-il pouvoir discuter avec des représentants légitimes du mouvement. Mais ils n’ont pas de chef, pas de liste de revendications, pas de doctrine. Un élu m’a dit :  « Vous mettez deux gilets jaunes dans une pièce et vous avez deux avis contraires ».

Et ce n’est pas faux. Il y a des gens de tous horizons. Qui pensent tout et son contraire sur les migrants, sur les services publics, sur les économies à faire… parce que pour baisser les taxes il faudra bien couper un moment dans les dépenses…

Dans ce contexte, est-ce que la majorité arrive à faire bloc ?

Non, l’unité a volé en éclat. Vous avez, de plus, des gens qui jouent leur carte personne, qui ne veulent pas couler avec le navire. Le gouvernement s’attend d’ailleurs à un concours Lépine des amendements dans le cadre de l’examen du budget. Les députés vont vouloir se distinguer avec leurs propositions personnelles. CA peut partir dans tous les sens. 

Prenez aussi le leader du Modem, François Bayrou. Il demande une pause fiscale et aimerait bien, intérieurement, remplacer Edouard Philippe à Matignon. La panique n’empêche pas les petits calculs.

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