Par Renaud Dély

Jean-Louis Debré, le président du Conseil Constitutionnel est sur le départ. Ses futures confidences inquiètent pas mal de monde à droite…

Parce que Jean-Louis Debré sait tout sur tout le monde ou presque, en tous cas à droite . Chirac, Giscard, mais aussi Juppé et, bien sûr, son meilleur ennemi, un certain Nicolas Sarkozy. Et voilà qu’après neuf ans de bons et loyaux services, il va céder son poste dans quelques jours à Laurent Fabius , ce qui n’est plus un secret pour personne. Alors rue Montpensier, Debré a commencé à faire ses cartons, à ranger sa superbe collection de statues de Marianne, et à rassembler ses souvenirs… dans un livre . Pendant neuf ans, contraint au devoir de réserve, il avait fait vœu de silence, mais il a tout noté . Jour après jour. Les mesquineries de Giscard , sesrèglements de comptes permanents avec Chirac lorsque les deux « ex » siégeaient encore cote à côte,l’application de Jospin, son préféré , « le plus humble, le plus bosseur, le plus loyal », dit Debré, et puis, évidemment, les colères de Sarkozy.

jacques Chirac au Conseil constitutionnel présidé par Jean-Louis Debré en 2007
jacques Chirac au Conseil constitutionnel présidé par Jean-Louis Debré en 2007 © MaxPPP / Marlene Awaad

Et avec l’ancien chef de l’Etat, Jean-Louis Debré a toujours entretenu des relations, disons, orageuses. C’est le moins qu’on puisse dire. La fracture remonte bien sûr à la trahison balladurienne d’il y a plus de vingt ans quand Debré fut l’un des rares à ne jamais lâcher Chirac, même au plus fort de sa traversée du désert. Quand Sarkozy était à l’Elysée, les relations n’ont cessé de se dégrader. Souvent, quand le Conseil faisait son boulot et censurait une disposition législative, même purement technique, Debré recevait un coup de fil furibard de Sarkozy qui le traitait de « militant socialiste » ou, pire encore de « chiraquien » ! Le pire, ce fut sans doute quand le Conseil annula les comptes de campagne du candidat Sarkozy pour dépassement en 2013 . Quand il raconte l’épisode, Debré tient encore son téléphone du bout des doigts, en rigolant pour raconter à quel point « le petit » l’avait « fait chauffer » à force de hurler. Des cris, des menaces, des éructations, « Tu vas me le payer ! », « Je m’en souviendrai ! » que Debré a écouté avec le flegme du sage qu’il était devenu. Résultat, quand il parle de ses relations avec François Hollande depuis 2012, Debré lève les yeux au ciel et soupire d’aise : « Avec lui au moins, c’est reposant, il est normal ».

Tout cela, Jean-Louis Debré s’apprête à le raconter dans un livre. Cela le titillait, ça le démangeait et Jean-Louis Debré met donc la dernière main à un livre prévu pour fin avril début mai. Son seul souci, c’est qu’il a trop à dire : il a déjà écrit 800 pages et son éditeur lui demande, ce qui est compréhensible, de n’en garder qu’environ 300. Alors Debré, coupe, élague, rature, mais rassurez-vous, il promet de garder tout vraiment tout, ce qui concerne Nicolas Sarkozy…

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