Le préfet de police de Paris Didier Lallement a été nommé il n’y a même pas un an… et il est devenu l’une des cibles préférées de l’opposition…

Le Préfet de police de Paris Didier Lallement en novembre 2019 aux cérémonies commémoratives de l'armistice
Le Préfet de police de Paris Didier Lallement en novembre 2019 aux cérémonies commémoratives de l'armistice © AFP / LUDOVIC MARIN

Jean-Luc Mélenchon le déteste. Il l’appelle le « psychopathe ». Il l’a encore affublé de ce petit nom, pas plus tard que ce week-end. 

La maire de Paris, Anne Hidalgo, est certes plus polie mais elle est aussi sévère. Elle trouve que le préfet de police, qui gère la sécurité de la capitale, est beaucoup trop violent. Je rappelle que Didier Lallement a créé ces bridages de policiers à moto qu’on voit maintenant dans les manifs. 

Et je ne vous parle pas des réseaux sociaux. Le préfet de police fait l’objet d’un déferlement de haine. A cause de son patronyme « Lallement », il est souvent caricaturé en nazi, avec un uniforme SS. Classe, comme critique. 

Personne au Gouvernement n’incarne l’autorité

Dans une vie politique normale, c’est le ministre de l’Intérieur qui prend les coups. C’est lui qui donne les ordres. C’est lui qui est responsable s’il y a des débordements ou des violences non maîtrisées.

Là, c’est l’inverse. Les polémiques s’abattent sur un haut-fonctionnaire, qui certes dirige une administration gigantesque, mais il ne fait qu’appliquer les consignes ! 

En fait, cela illustre le fait que personne au gouvernement n’incarne l’autorité. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner n’a pas réussi à s’imposer. A être crédible. Du coup, c’est Didier Lallement qui apparaît comme le chef.

Le problème est d’ailleurs plus général. La macronie n’a pas en stock un Valls, un Joxe, un Sarkozy époque Beauvau. Il lui manque une voix, une gueule, bref, ce qu’on appelle une incarnation. 

Un changement de ton sur les violences policières

Totalement, parce que c’est le paratonnerre parfait. Il prend la foudre à la place de Christophe Castaner. Ca protège le ministre de l’Intérieur. 

En revanche, le chef de l’Etat est un peu plus distancié. Il a même critiqué Didier Lallement devant des journalistes. C’était après une vidéo où on voyait le préfet de police dire à une femme gilet jaune qu’« ils n’étaient pas dans le même camp ». Emmanuel Macron a qualifié cela de « faute ».

En fait, depuis quelques semaines, le chef de l’Etat a changé de ton sur les violences policières. Alors, il tacle un peu Lallement, mais le président n’est pas dupe. Ce n’est pas à ce niveau-là que ca se passe. Il a donc demandé la révision des règles de déontologie et la doctrine du maintien de l’ordre… à son ministre de l’Intérieur. C’est ce qu’on appelle mettre la pression. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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