La semaine qui commence est placée sous le signe des commémorations.

Commémorations des attentats, mais aussi hommage à la mémoire de François Mitterrand.

Vendredi, François Hollande se rend à Jarnac. Le 8 janvier. Jour anniversaire des 20 ans de la mort de François Mitterrand. Que va faire le président? Il va fleurir une tombe qu'il a déjà fleurie mille fois. Il est chez lui en Charente.

On va reparler de Mitterrand, toute l'année 2016. Parce qu'en octobre, le 26 précisément, Tonton aurait eu 100 ans. L'Elysée va mettre le paquet : un colloque au Louvre, des événements un peu partout, à Château Chinon, à Latché. Et en maître des cérémonies : l'ancien ministre Hubert Védrine.

François Mitterrand le 11 mai 1981
François Mitterrand le 11 mai 1981 © MaxPPP

Alors pourquoi donner plus d'importance à la naissance qu'à la mort? La raison, en fait, est tactique. En octobre, la droite sera en train de se déchirer, en pleine primaire. Parfait pour célébrer la « France unie ». François Hollande ne pouvait pas rater une telle fenêtre de tir.

François Hollande doit beaucoup à Mitterrand, on sent parfois qu'il s'est imprégné de sa façon de faire de la politique, y compris dans la gestuelle, quand il prononce un discours.

Le chef de l'Etat – qui a commencé, rappelons-le, sa carrière comme collaborateur de Mitterrand - s'en inspire en permanence. Il l'a vu travailler, il l'a vu aussi faire de la politique, instrumentaliser le FN ou manœuvrer sans trop se soucier de garder un cap idéologique. Ce qui est d'actualité. Car on trouve tout et son contraire chez Mitterrand. Sur l'économie, sur les alliances, sur la personnalisation du pouvoir.

Ce que Hollande vénère par dessus tout chez Mitterrand, c'est son art de durer. Contre vents et marées. Je me souviens avoir accompagné Hollande en juin 2008 au musée de Jarnac. A l'époque, Hollande n'était que le patron du PS. Il avait fait acheter aux enchères, pour 9000 euros, un chapeau de Mitterrand. Il en faisait don au musée.

Il avait alors demandé au responsable si les salles étaient bien sécurisées. Car, disait-il, il y en a « beaucoup qui voudraient le revêtir, ce chapeau, et s'en servir comme d'une épée invincible. C'était une blague mais il devait parler de lui!

En sortant, il avait pris un ton plus sérieux : « On oublie trop vite que Mitterrand fut contesté dans son propre camp. Il s'est sorti de cette mauvaise passe en gérant le temps, en tenant bon. Je me l'applique à moi-même ».

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