Après le séminaire gouvernemental sur les réformes à venir, Etienne Gernelle nous parle du deuxième agenda de Macron...

L'Allemagne suivra-t-elle la France dans l'aventure du budget de la zone euro ?
L'Allemagne suivra-t-elle la France dans l'aventure du budget de la zone euro ? © AFP / Virginia Mayo

Oui mais ne vous attendez pas à des objectifs cachés, des complots. Je ne vais pas vous parler ce matin des illuminati, de sociétés secrètes, de franc-maçonnerie ou du Da Vinci Code.

D'abord, Si Macron veut maintenir son gouvernement sous pression, c'est qu'il est encore loin d'avoir mis en œuvre son programme, et comme sa popularité lui a offert un deuxième souffle, il aurait tort de se priver de continuer. 

Mais aussi, et c'est mon propos, parce qu'il y a une urgence que l'on regarde trop peu. Cela se joue ces jours-ci, en toute discrétion, en Allemagne. Angela Merkel négocie en ce moment même avec le SPD une nouvelle coalition.

Or l'enjeu de ces négociations porte notamment sur la réponse à apporter aux propositions européennes de Macron, particulièrement celle de créer un budget de la zone euro. Un budget, disait-il au Point fin août, qui représenterait plusieurs points de PIB, soit au moins 200 milliards d'euros. 

La réponse allemande dépendrait  vraiment des annonces du gouvernement français ces jours-ci ?

En partie, oui. Car l'Allemagne se porte particulièrement bien, avec un taux de chômage qui vient d'atteindre un point bas historique à 5,5%, et des exportations également exceptionnelles, il est évident qu'elle ne s'engagera pas avec la 'France dans cette aventure du budget de la zone euro si elle n'a pas le sentiment que nous, Français, avons vraiment changé. 

L'Allemagne nous regarde. Ce qui crée une pression supplémentaire sur la France. 

Et puis la pression vient aussi d'Italie. Attention au 4 mars ! Les élections italiennes sont un grand sujet d'angoisse pour toute l'Europe, car les populistes du Mouvement 5 étoiles pourraient faire un gros score. Si un séisme politique se produisait en Italie, toute la zone euro tremblerait.

Alors pour autant on ne voit pas pour l'instant comment les amis de Beppe Grillo, ce comique qui ne fait  plus rire, pourraient avoir une majorité, mais l'hypothèse d'un chaos politique italien renforce l'urgence d'une dynamique européenne enfin solide

Les trois mois qui viennent sont donc décisifs pour le projet européen de Macron, qui est au cœur de son projet global. Les cent jours, les vrais cent jours, c'est peut-être maintenant.

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