Emmanuel Macron a confirmé hier qu’il souhaitait diminuer le nombre de parlementaires.

Par Jean-Baptiste Daoulas.

C’était l’une de ses promesses de campagne, mais c’est aussi le moyen de garder le contrôle sur ses députés pendant tout le quinquennat.

Malgré la longueur du discours d’Emmanuel Macron, pour les députés de la République en Marche, ce n’était pas le moment de s’endormir. Ils sont prévenus : avec un tiers de parlementaires en moins et l’introduction d’une dose de proportionnelle, c’est mathématique : il n’y aura pas de place pour tout le monde en 2022. Pour se faire réélire, ils ne pourront pas compter sur leur ancrage local. Eh non : le cumul des mandats, l’époque des barons locaux, c’est terminé. Leur seule chance de revenir en 2022, c’est de garder la précieuse investiture de La République en Marche. Et il n’y aura que les plus méritants, ou peut-être plutôt les plus arrangeants avec le pouvoir, qui auront le droit à un nouveau ticket.

Le Palais Bourbon va donc devenir une sorte de Koh-Lanta pour les députés En Marche. En plus feutré, mais pas forcément en moins féroce.

La mise en concurrence entre les députés de la République en Marche n'est pas officielle. Mais regardez comment le groupe En Marche est organisé à l’Assemblée. Tous les postes à responsabilité seront remis en jeu à mi-mandat : les présidents de commission, les porte-parole, les questeurs, et même le président de l’Assemblée, François de Rugy.

Le message est reçu cinq sur cinq par les députés de base : “Il y aura une prime à celui qui travaille plutôt qu’à celui qui veut exister”, m’expliquait l’un d’entre eux. En clair, on ne va pas faire le malin sur BFM-TV et on reste le petit doigt sur la couture du pantalon.

Un député francilien me racontait qu’il a reçu il y a quelques jours un coup de fil d’un très proche conseiller de Macron : “Je compte sur toi. Quand je t’appelle à deux heures du matin, tu mets ton costard et tu vas dans l’hémicycle.” C’était dit sur le ton de la blague, mais c’était dit quand même.

Sous couvert de off, le vernis commence à craquer. La semaine dernière, je demandais à une jeune députée macroniste si elle n’était pas déçue qu’une femme ne devienne pas la première présidente de l’histoire de l’Assemblée. Elle m’a répondu du tac au tac : “Les deux candidates étaient beaucoup trop mauvaises”. Sympa pour les copines.

Je pourrais vous parler aussi de ce député expérimenté qui n’a pas obtenu la présidence de commission qu’il visait. Il fustige déjà le “dégagisme absolu” de ses jeunes collègues. Ça promet pour la suite.

En même temps, à Koh Lanta, ce sont rarement les candidats les plus bienveillants qui gagnent à la fin.

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