Cela a été longtemps le sport favori des gouvernements de Paris et de Berlin : trouver un candidat pour la présidence de la Commission européenne qui ne risque pas de leur faire de l’ombre.

Ursula von der Leyen a été nominée mardi à la présidence de la Commission européenne
Ursula von der Leyen a été nominée mardi à la présidence de la Commission européenne © AFP / John MACDOUGALL

Il ne s’agit pas de qualifier les précédents présidents de la Commission d’ectoplasme, ce serait méchant, mais en tout cas de relever que soit leur personnalité, soit le pays dont ils étaient issus, soit la configuration politique de leur nomination ne les mettaient pas en position de s’imposer.                                                                                                  

Si vous voulez, c’est la question Kissinger, à qui l’on attribue cette boutade : 

Europe, quel numéro de téléphone ?

Verdict ? Alors le processus ne rassure pas. Emmanuel Macron a réussi à tuer les système des spitzen kandidaten, qui mettait en avant les leaders des grands partis européens, ce qui alimente le soupçon du petit arrangement, qui, justement, arrange bien les dirigeants des grands pays.

Le fait que Margrathe Vestager ait été écartée est aussi une mauvaise nouvelle. La commissaire à la concurrence sortante est une personnalité extraordinairement forte - c’est d’ailleurs sa vie qui a inspiré la Série Borgen - et elle aurait d’emblée marqué les esprits. Tout le monde, c’est certain, aurait eu la trouille.

Ursula Von der Leyen est une vraie personnalité

Et si l’étoile politique de cette ex-dauphine d’Angela Merkel a pâli en Allemagne, il faudra compter sur elle. 

Elle s’est battue comme ministre de la Défense pour augmenter les budgets militaires en Allemagne, s’est battue pour une conception plus moderne de la famille et de l’égalité homme/femme contre beaucoup de ses amis politiques, Bref, elle n’a pas peur. 

Je ne l’ai rencontrée qu’une fois, mais elle m’a fait l’impression d’avoir de la force de caractère, mais elle a aussi de l’humour, ce qui est nécessaire pour affronter ce qui l’attend.

Va-t-elle vraiment incarner l’Europe ?

Elle est une vraie fédéraliste, ce qui signifie que même si sa nomination est due en bonne partie à un marchandage Macron-Merkel, elle défendra une voix autonome de l’Europe. 

C’est aussi le cas de Charles Michel, qui devient président du Conseil Européen, qui est lui aussi un fédéraliste convaincu.

De toute façon, tout cela devra être validé par le Parlement européen. Après tout, les gens ont voté. En tout cas, Macron et Merkel ne sont pas seuls à bord

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