Par Yves Thréard

Les candidats à la primaire de la droite développent des programmes de rupture, résolument libéraux. Quand on voit les blocages que provoquent le seul projet de loi travail, on se dit qu'ils ont du pain sur la planche.

En cette période de concours Lépine à la Foire de Paris, c’est un peu la course au plus disant à droite.

Et vas-y que je te supprime l'ISF, les 35 heures, que je te réduise le montant et la durée des allocations chômage, que je t’allège la fiscalité sur les ménages et les entreprises, que je te relève l'âge légal de départ à la retraite à 63, voire 65 ans, que je te rétrécisse les effectifs de la fonction publique… N’en jetez plus !

Le tout en promettant 90 à 120 milliards d’euros d’économies publiques en 5 ans. Tout cela est-il crédible, raisonnable, imaginable ? Bien sûr que non.

Des sondages ont beau dire que les Français sont prêts au changement, tous ne le sont pas. Notamment ceux qui ont peur d’être abandonnés par l’Etat.

Les Sarkozy, Fillon, Juppé et autres Le Maire doivent y réfléchir à deux fois : à quoi bon être élu si c’est pour tomber face à une France bloquée ?

L’approche de la primaire va-t-elle les calmer ? Déjà, hier, François Fillon en appelait au « bon sens ».

Et Bruno le Maire, en présentant ses idées sur l’économie, déclarait :« Je ne serai pas là pour infliger une purge aux Français ». Sitôt élu, il ne veut pas « prendre le risque d’être contesté et affaibli ».

Paraphrasant La Fontaine, il a dit ne pas se voir comme un renard, ni comme un milan, mais comme un petit rat qui ronge le filet dans lequel le Lion s’est empêtré, et « le Lion, c’est la France». Sage réflexion.

Toute la difficulté, c’est de réussir le début de son quinquennat. En effet, c’est sur les 100 premiers jours que vous êtes jugés, autant sur les réformes engagés que sur la méthode adoptée.

Trop brouillon, Sarkozy les a ratés. Trop timide, Hollande les a ratés aussi...

Alors quelle est la bonne méthode ? Le Maire, Copé, Juppé y réfléchissent. Un mot revient régulièrement dans leur bouche : ordonnances. Les ordonnances permettent au gouvernement d’aller vite, de court-circuiter le Parlement en lui demandant de légiférer à sa place. Très bien, mais cela n’empêchera pas les mécontents de descendre dans la rue. Sarkozy, lui est contre.

Le mieux est qu’ils ne promettent pas n’importe quoi, sur le mode du "il n'y a qu’à, faut qu’on"…

Leurs réformes, on les connaît. C’est encore le mode d’emploi qui manque : comment feront - ils pour réformer sans se mettre le pays à dos ?

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