Hier, Jean-François Copé a annoncé le dépôt de deux propositions de loi sur la transparence des partis politiques. Mais qui parlait hier ? Etait-ce le président de l’UMP ou le député-maire de Meaux ?

Ce n’est pas très clair, en effet. Et lorsque la question a été posée à son directeur de cabinet, la réponse n’a pas été plus éclairante. Et pour cause : en réponse aux accusations duPoint sur ses relations avec une société détenue par deux de ses amis, Jean-François Copé a dégainé deux propositions de loi. Mais il n’en a prévenu personne. Aucun membre du bureau politique de l’UMP. Il a donc concocté cela seul, entouré de quelques très proches.

A priori, donc, c’était d’abord le député-maire de Meaux Copé, l’homme politique qui donnait la charge pour se défendre. A titre personnel. Ecoutez. C’était hier :

"J’ai décidé", "mes objectifs" C’est d’ailleurs lui qui devrait déposer ces deux textes de loi, en tant que parlementaire, au mois d'avril prochain. Sauf que c’est du siège de l’UMP, avec tout le décorum du parti, qu’il s’est adressé à la presse.

jean-françois copé riposte
jean-françois copé riposte © reuters

La confusion reste donc totale. Mais elle est à l’image de ce qu’est l’UMP aujourd’hui.

L’UMP est devenu un parti au service d’une ambition, celle de Jean-François Copé, comme il l’avait été auparavant au profit de Nicolas Sarkozy.

On peut difficilement croire que si François Fillon avait remporté la présidence de l’UMP il ne s’en serait pas lui aussi servi de machine de guerre dans l’optique de 2017.

Le parti est un outil de promotion et de propagande personnelle très utile, même s’il n’est pas une garantie de succès. Souvenez-vous : Martine Aubry ne l’avait lâché que quelques mois seulement avant la primaire socialiste et ses trois années comme première secrétaire n’ont pas suffi à son sacre. Les dirigeants des partis d’aujourd’hui, comme Copé avec l’UMP, se servent du parti plus qu’ils ne le servent. Il y a bien sûr les belles proclamations d’intention : le rassemblement avant tout !

Les envolées sont belles, mais la réalité est bien plus prosaïque et utilitariste. Ils auraient de toute façon stratégiquement tort de mettre l’accent sur le parti. Car ce ne serait pas porteur dans l’opinion. Les Français n’aiment pas leurs partis politiques. La dernière livraison du baromètre BVA pour l’Express et France Inter était sans appel. Les Français en ont une mauvaise ou une très mauvaise opinion : 67% pour le PS talonné de près par l’UMP, avec une impopularité à 60%.

Même l’UDI de Jean-Louis Borloo qui devrait bénéficier d’un baptême récent est à un peu plus de 50% de mauvaises opinions. D’où, aussi, la raison pour laquelle chaque personnalité d’importance crée son micro-parti, souvent invisible du grand public.

Une manière de s’affranchir des inconvénients d’une grosse structure en se fabriquant une tirelire à des fins personnelles. Tactique légale certes, mais pas forcément éthique.

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