Ce week-end deux cadres du parti La République en Marche se sont affrontés sur l'histoire du Hijab de course que Décathlon voulait mettre en vente dans ses magasins.

La bataille de la laïcité, et plus exactement du vivre-ensemble, vient de s’ouvrir à la République en Marche. C’est une réaction en chaîne à la polémique sur le hijab de course de Decathlon. Sur France 5, samedi soir, le député macroniste Aurélien Taché a défendu le principe de la vente d’un foulard musulman par une enseigne de sport. Questionné par ailleurs sur le voilement de fillettes, il s’est simplement étonné qu’on ne lui pose pas de question sur le « serre-tête de petites filles catholiques ». Ce dimanche, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a condamné le «relativisme » de son camarade et soutenu l’idée que le voile doit pouvoir être critiqué, notamment pour ses fondements sexistes. Notez que Taché et Schiappa ne sont pas exactement des militants macronistes lambda. Comme un symbole, il s’agit des deux co-patrons du pôle Idées de la République en Marche.

Quel est le rapport de force sur les questions de laïcité au sein de la République en Marche ?   

Écoutez, à chaque fois qu’une polémique éclate sur la place du religieux dans la société, deux camps se forment naturellement. Il y a d’un côté les Républicains critiques, qui réprouvent le symbole véhiculé par le voile. Dans ce courant, emmené par Marlène Schiappa, on retrouve les ministres Jean-Michel Blanquer et Agnès Buzyn. Et puis il y a les libéraux auto-proclamés comme Aurélien Taché. Au sein de cette famille, qui insiste sur les valeurs de tolérance et d’ouverture aux pratiquants religieux, on remarque la ministre des sports Roxana Maracineanu, mais aussi Laetitia Avia, numéro deux de LREM et, dit-on, plusieurs conseillers du chef de l’Etat.  

Comment se positionne Emmanuel Macron sur ces questions ?  

Bien malin qui pourrait le dire clairement. Depuis qu’il est entré en politique, Emmanuel Macron rechigne à prononcer un grand discours sur sa conception du vivre-ensemble et de la place du religieux. Sur le voile, le chef de l’Etat a estimé qu’il n’était « pas conforme à la civilité dans notre pays ». En même temps, il s’est élevé en privé contre une « radicalisation » de la laïcité. Bilan, selon leur sensibilité, ses soutiens aiment à se raccrocher au bout de phrase qui leur convient le mieux. Ils pourront continuer à le faire le 20 mars. Ce jour-là, la République en Marche organise un débat sur la laïcité, en présence d’Aurélien Taché et Marlène Schiappa. Une nouvelle occasion, on s’en doute, d’afficher l’étendue de leurs désaccords.

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