Emmanuel Macron se présente depuis longtemps comme le chef de file de la raison face aux populistes. Et Boris Johnson, qui doit au Brexit son accession au pouvoir, est souvent présenté comme l’une des incarnations de ce même populisme.

Qui s’en tire le mieux pour l’instant  ?

Ce n’est pas clair encore. Sébastien Le Fol dans Le Point cette semaine nous annonce un nouveau Waterloo. Après une gestion calamiteuse de la pandémie, Boris Johnson est en train de se refaire une santé miraculeusement lors de la campagne de vaccination. 

Grâce au vaccin du Britannique Astrazeneca, mais pas seulement, il y a aussi celui de la start-up franco autrichienne Valvena, basée à Nantes, et qui sera disponible d’abord outre-manche, car la France n’y a pas cru tout de suite. Londres a été été plus pragmatique.

Pour l’instant, vingt millions de Britanniques ont déjà reçu leur première dose, contre seulement trois millions de Français.

Les anglais ont-ils gagné le match?

Pas encore. Sur le plan sanitaire, le Royaume Uni restera le pays avec le plus de morts du Covid en Europe. Sur le plan économique, sa récession en 2020 fut de 9,9%, la pire depuis 1706 ! La France elle a connu une récession de 8,3%. L’Europe des 27 se situe elle à -6,4%. 

Et en 2021, la croissance est espérée en Grande Bretagne autour de 4%, contre 5 à 6% en France. Et 3,7 pour l’Union européenne. Au total, avantage à l’Europe.

Il n’empêche, il y a un enjeu majeur. Pour Macron, mais aussi pour l’Europe. La Commission européenne, sous la houlette d’Ursula von der Leyen, qui doit en partie son job à Macron, n’a pas très bien géré le début de cette affaire de vaccin. Cette comparaison prendrait un tour encore plus symbolique si Michel Barnier, qui fut le négociateur européen du Brexit, se présentait à la présidentielle en France, comme on lui en prête le désir.

Boris Johnson, grand avocat du Brexit, y compris avec des arguments plus que douteux, a consacré un livre à Churchill il y a quelques années. Il connaît donc cette célèbre sentence de Sir Winston : "C'est une belle chose d'être honnête, mais il est également important d'avoir raison." Aux Européens de se démener maintenant et de démontrer qu’ils avaient raison.  

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