Par Nathalie Schuck, journaliste politique auParisien/Aujourd'hui en France

nicolas sarkozy de retour sur le devant de la scène
nicolas sarkozy de retour sur le devant de la scène © reuters

Vous vous souvenez forcément du fameux « casse-toi, pauvre con » ? Vous vous rappelez aussi du Sarkozy bling-bling qui retirait sa montre avant les bains de foule pour ne pas se la faire piquer ? Du Sarkozy qui proposait pendant sa campagne très droitière de donner un permis de tirer aux policiers ? Ou qui disait « les Bretons, je m'en fous » ? Oubliez tout ça, c'était avant, c'est terminé : Sarkozy n'est pas celui que vous croyez !

La chaîne D8 va diffuser demain soir un document inédit où on découvre l'ancien président comme on ne l'a jamais vu, en toute intimité. C'est une amie de Carla, l'ancien mannequin Farida Khelfa, qui l'a filmé pendant la campagne. Elle a eu accès à toutes les coulisses.

A l'hôtel particulier du couple, aux appartements privés de l'Elysée, et même aux réunions politiques les plus fermées. Et on découvre un Sarkozy tendre, cultivé, amoureux, cajolant sa petite Giulia, écoutant Carla chanter du Dalida et, surtout, acceptant sa défaite avec beaucoup de dignité. Bref, un Sarkozy carrément sympa ! Oubliées, donc, les horreurs et les noms d'oiseau sur Hollande qu'il appelait en privé « le petit », le « nul », qu'il voulait même « exploser ». Et c'est l'immense mérite de ce film aux yeux de ceux qui restent aujourd'hui « Sarkostalgiques » : ça réhabilite un peu leur champion, ça lui donne un visage plus humain, ça gomme tous les vilains défauts que les Français lui ont tant reproché le 6 mai 2012.

Illustration de cette campagne de réhabilitation de Nicolas Sarkozy avec les propos de son ami Brice Hortefeux hier soir sur France 5 :

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce documentaire tombe vraiment à pic, au moment où le Président est en pleine descente aux enfers dans les sondages , entre l'affaire Leonarda et la colère des Bretons, poussé de tous côtés à remanier un gouvernement qui est usé, vieilli et fatigué. Au point que certains, à droite, commencent déjà à fantasmer sur une possible crise de régime...

Nicolas Sarkozy, lui, rentre tout juste du Maroc. Et d'après ses proches, il est atterré, affligé, stupéfait du manque d'autorité de Hollande. « Un pays sans chef, sans direction, ça ne peut pas marcher », c'est ce qu'il dit. Parfois, il fait même cette petite blague : « Tu sais qui est mon meilleur attaché de presse ? Tu le connais, c'est François Hollande, il travaille pour moi ».

Plus sérieusement, ça fait des mois que l'ancien président prédit une « crise grave et violente qui se finira dans la rue ». Certains de ses amis imaginent qu'il sera obligé de faire son retour juste après les européennes. Je cite l'un d'eux : « Il ira au 20 heures, il fera 10 à 15 millions de téléspectateurs, ça mettra un petit coup au Pingouin ! » Vous aurez reconnu le Pingouin...

D'autres conseillers de Sarkozy imaginent même que Hollande sera obligé de dissoudre l'Assemblée nationale après les européennes et que l'UMP enverra à Matignon Alain Juppé ou Jean-François Copé . Evidemment, c'est de la politique fiction. Mais imaginez l'ironie de l'histoire : la droite qui reviendrait au pouvoir, sans Sarkozy. Et ça, je peux vous dire, ça ne lui plaît pas du tout !

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