Ces jours-ci, j'ai rencontré des élus socialistes qui ne sont pas en grande forme.

Pas plus tard que lundi, j’appelle un député socialiste. Il rentrait de vacances. Il aurait pu être en forme, plein d’allant pour le combat électoral. Eh bien… pas du tout ! Qu’est-ce qu’il me dit, ce député ? « Je ne veux pas rentrer, c’est l’horreur ! Vivement 2017, ce sera la quille ! C’est bien simple, d’ailleurs, on va en prendre pour 20 ans ! » .

On ne peut pas dire que le moral soit au beau fixe.

Autre coup de téléphone, cette fois avec une sénatrice socialiste. Question simple : « Comment allez-vous ? »

Réponse, dans un soupir : « Comme une femme de gauche ! » . Comprenez : ça va mal, ça va même très mal !

Un autre député, lui, n’a carrément pas répondu à ma question sur le moral des troupes. Il s’est mis à rire, tout simplement. L’ironie du désespoir.

Bref, on ces temps pré-électoraux, mieux vaut ne pas demander à un élu socialiste comment il va, c’est plus sage !

Ces élus PS s’attendent au pire pour les régionales. Ils font et défont les scénarios. Le scénario optimiste : le PS conserve au moins 4 régions sur 12, et l’Ile-de-France : là, c’est champagne !

Et puis, il y a le scénario pessimiste : 2 régions seulement pour le PS (Bretagne et Midi-Pyrénées), 2 régions pour le FN (Paca et Nord-Pas de Calais) et tout le reste pour le parti Les Républicains. Bref, une carte bleue et bleue marine.

Confidence de l’ancien ministre Benoit Hamon : « on vit un compte à rebours avant l’abattoir ».

Par quoi ce blues des socialistes est-il alimenté ? Par deux choses : les sondages, d’abord, qui sont mauvais pour le PS, comme vous le savez. Et puis, il y a ce fameux « ressenti terrain », comme on dit. Là, c’est le sauve-qui-peut. D’abord, les militants PS ne font pas campagne. Ce sont les candidats eux-mêmes qui doivent coller leurs affiches. Et puis, il y a le porte-à-porte chez les électeurs . Alors là, les élus socialistes font tous le même constat : depuis la rentrée, la parole xénophobe se serait libérée. « Je n’ai jamais vu ça ! », me disait hier Karine Berger, qui est députée des Hautes Alpes.

A droite, le moral n'es pas meilleur. Sur le papier, le part Les Répuublicains a toutes les raisons de se réjouir : je vous rappelle que l’ex UMP ne préside qu’une seule région. Ils vont forcément en gagner d’autres !

Mais ils sont inquiets, les élus de droite. Eux aussi, ils sentent cette dynamique en faveur du Front national. Ils voient venir une élection défouloir, anti système. Je vous cite Damien Meslot, maire de Belfort : « Je sens un vent mauvais, les gens veulent un grand coup de torchon ! »

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Attention, à droite comme à gauche, il y a une part de tactique dans tout ça : en jouant les Cassandre, ils espèrent remobiliser leur électorat. On peut espérer qu’ils soient entendus.

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