Gros plan sur la classe moyenne en France. Elle pourrait bien être faiseuse de rois lors de la prochaine présidentielle... Coup sur coup, deux sondages d’intention de vote pour la présidentielle 2022 ont été publiés, réalisés par l’Institut Elabe puis l’Ifop.

Ces deux études nous enseignent que l’écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen se resserre et confirme qu’à ce stade, aucune offre alternative n’émerge malgré l’agitation actuelle à droite

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Ces deux études nous renseignent surtout sur la sociologie du vote, tels que les Français se déterminent aujourd’hui, à la moitié du quinquennat. 

Que dit cette sociologie du vote ? 

Qu’au bout de deux ans et demi, un fossé s’est creusé, très délicat à combler, puisqu’il s’agit d’une séparation de classes

Emmanuel Macron avait demandé à ses troupes d’éviter de se comporter en parti bourgeois, notamment à propos des questions migratoires. Eh bien, c’est raté. 

Derrière lui, il n’entraîne pas le métro de 18h qui, selon Malraux, symbolisait la diversité électorale. 

D'après Elabe, deux tiers des catégories sociales populaires jugent désormais décevante l’action d’Emmanuel Macron, un sentiment minoritaire en haut de l’échelle sociale. 

Dans le sondage Ifop, on découvre que les cadres et les professions supérieures sont derrière Emmanuel Macron, tandis que les employés et les ouvriers optent majoritairement pour Marine Le Pen. 

Conclusion de Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop

On risque d’assister à "une féroce bataille en 2022, pour attirer la France du Travail", c’est-à-dire l’électorat salarié profondément divisé entre les deux candidats.

Selon l’Observatoire des inégalités, les classes moyennes, ce sont les personnes situées entre les 30 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches. 

Si l’on veut préciser, il s’agit des couples avec deux enfants qui gagnent entre 3302 et 5743 euros par mois. Beaucoup d’entre eux ont accompagné le mouvement des "gilets jaunes". 

Le nez sur les sondages, Emmanuel Macron a programmé pour eux une baisse d’impôt à compter de janvier 2020. Leur revenu disponible devrait progresser de près de 3% l’an prochain. Cela suffira-t-il à les convaincre, à l’heure où un vent de révolte des classes moyennes souffle à travers le monde ? 

Du Chili au Liban, on dénonce les faveurs faites aux plus riches, accusés d’avoir capté l’essentiel des fruits de la croissance… Toute ressemblance avec la France n’est sans doute pas tout à fait fortuite. 

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