A l'heure qu'il est, on ne connaît pas l'ampleur des changements, aucune info sur le ou les futurs entrants n'a fuité.

Pour ce qui est des secrets, Macron, c’est du grand art. Rien ne filtre. Les journalistes sont réduits à des hypothèses. Qui va remplacer Hulot ? Peut-être Pascal Canfin. Le patron du WWF. Et la députée Barbara Pompili ? Oui, peut-être. Et l’ancienne ministre Chantal Jouanno, pas impossible…  

Alors que d’habitude, à quelques heures d’un remaniement, on a des indices venus, par exemple, de la haute fonction publique. Parce qu’un ministre a besoin d’un directeur de cabinet, donc, au conseil d’état ou ailleurs, les infos se précisent… Là, rien.  Le dernier remaniement, c’était en novembre, avec l’entrée de deux secrétaires d’Etat. Le premier, c'est Olivier Dussopt, son nom est sorti un petit avant l’annonce. En revanche, personne n’a vu venir la seconde : Delphine Geny Stephann. Au point, que dans les rédactions, quand ça été annoncé, personne ne savait comment ça s’écrivait.   

Comment Emmanuel Macron arrive-t-il à garder ce genre de secret  ?

C’est la clé de voute du macronisme. Macron, il fait un putsch contre Hollande, depuis l’intérieur. Il a manœuvré, en secret. Et son noyau de conjurés de l’époque, c’est toujours celui avec lequel il travaille. Dans cet univers, celui qui évente une information, il est éjecté. Les conseillers de Macron à l’Elysée, ils enferment leurs cahiers dans des armoires fortes. Secret défense. Ils n’écrivent pas des livres. Et puis, très peu de gens sont dans la boucle. Un conseiller d’Edouard Philippe m’a dit : « ceux qui savent se comptent sur les doigts d’une main et encore c’est beaucoup une main. »   Enfin, pour que administrations se taisent. Certains ministres n’hésitent pas à porter plainte. C’est ce qu’à fait par exemple Muriel Penicaud, la ministre du travail, quand un document est sorti dans la presse, ce qui est assez dissuasif.  

Il y a quand même eu une fuite : on sait que Daniel Cohn-Bendit a été approché

C’est l’exception qui confirme la règle. On a appris vendredi que l’ancien soixante huitard avait été approché. Qui a balancé ? Cohn Bendit ! Il a lui-même raconté l’épisode. Il s’est fait mousser en quelque sorte. Mais ça révèle un point, plus général : ce fonctionnement est efficace sauf pour les comportements imprévisibles, quand c’est des égos, des gens irrationnels, dans leurs contradictions, qui intègrent le dispositif. Et c’est ce qu’on a vu avec Nicolas Hulot. En clair, quand l’irrationalité humaine reprend le dessus.

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