L’exécutif a donc reculé sur les taxes écologiques face aux Gilets jaunes? Cela sonne comme une répétition de l’automne 1995, où, après trois semaines de grèves, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac, avait dû renoncer à sa réforme des retraites et à toute autre réforme jusqu'à la dissolution de 1997.

C’est le risque encouru par Edouard Philippe et Emmanuel Macron ?

Ne parlez surtout pas de recul à l’exécutif mais de signe d’apaisement vis-à-vis des Gilets jaunes et de la majorité silencieuse dont ils seraient les porte -parole. Seulement voilà, ce « geste » d’Edouard Philippe ne semble pas satisfaire les revendications des contestataires. « Ils nous donnent des miettes, nous, on veut la baguette », clament désormais la plupart des manifestants qui, même sans représentation officielle, ont réussi en moins de trois semaines à faire plier le gouvernement.

Et c’est quoi cette baguette ?

Eh bien les Gilets jaunes veulent moins d’impôts, le retour de l’ISF, plus de pouvoir d’achat, la suppression du Sénat… Rien qui aille dans le sens des réformes d’Emmanuel Macron. Et parmi elles, rien moins que le big bang des retraites, la révision du statut des fonctionnaires, la réforme des institutions, celle de l’Etat, ou encore l’assurance-chômage. Des réformes très sensibles politiquement.  Or, le recul sur la fiscalité écologique ne laisse guère augurer d’un passage en force du gouvernement et de l’Elysée dans les mois qui viennent. 

Pire, l’exécutif pourrait même être contraint d’aller à rebours de tout ce sur quoi la « macronie » s’est édifiée. On le voit déjà avec la transition écologique. Le « Make our planet great again », risque désormais de sonner faux.

Mais ce qui risque de fragiliser tout l’édifice « macronien », c’est le creusement des déficits publics

Car comment l’éviter si le gouvernement renonce à certaines taxes tout en mettant en place des mesures d’accompagnement écologiques et sociales qui coûtent bien sûr très cher.

Comment alors financer le Plan Santé, le Plan Pauvreté ou le zéro à charge, articulations essentielles de la jambe « gauche » de la macronie ? Comment également espérer construire une Europe compétitive et qui protège, étage suprême de la « fusée Macron », si on ne respecte plus les fameux critères de Maastricht ? On le voit, ce qui se joue actuellement, c’est toute la fin du quinquennat. 

Lequel pourrait finalement ne laisser derrière lui que... la suppression de l’ISF.

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