On parle beaucoup du recul du gouvernement sur la loi famille pour 2014. Or vous nous dites que François Hollande recule aussi concernant sa politique écologique.

philippe martin dit que la politique énergétique ne sera pas décidée en fonction d’edf
philippe martin dit que la politique énergétique ne sera pas décidée en fonction d’edf © reuters

Souvenez-vous de cette promesse de François Hollande : la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% d’ici 2025. C’était pendant la primaire du PS en 2011.

2011, l’année de Fukushima.

L’année, aussi, où l’Allemagne a décidé de sortir totalement du nucléaire. Dans ce contexte, Hollande était obligé de donner des gages écolos.

Mais depuis, à part l’annonce de la fermeture de la centrale de Fessenheim, il ne s’est rien passé. Pire : dans la future loi sur la transition énergétique, il ne devrait plus être question de 2025 mais de… 2028 au mieux. C’est ce qu’il est ressorti d’une réunion à l’Elysée la semaine dernière. L’information est sortie discrètement dans Libération . Au ministère de l’Ecologie, on répond « No comment ». Mais la réalité c’est que c’est l’amorce d’un sacré recul.

François Hollande risque-t-il de le regretter ?

Non, parce qu’il n’est pas opposé au nucléaire. Il a toujours dit qu’abandonner cette filière comme le fait l’Allemagne, serait une folie. Ce grand pragmatique constate que le nucléaire, c’est des emplois, du pouvoir d’achat, et donc de la croissance : l’objectif ultime. Il passera au dessus de tout ce qui représente un frein au sauvetage économique de la France. Les questions environnementales, en général, sont lourdes de contraintes. Il faut respecter des codes, des normes, des territoires, parfois protégés, où ne peuvent donc pas s’installer des entreprises.

Voici ce qu’en pensait Nicolas Sarkozy, quand il était Président, au Salon de l’Agriculture le 6 mars 2010 :

François Hollande est beaucoup plus diplomate. Mais quand même, le ministère de l’Ecologie est l’un des plus touchés par les restrictions budgétaires. Arnaud Montebourg défend les gaz de schiste.

Et puis, il y a eu l’abandon de la taxe diesel et celle de l’écotaxe pour les poids lourds… Le Vert Noël Mamère suggère que la couleuvre devienne l’emblème d’Europe Ecologie Les Verts. Au moins ce sera clair.

Au milieu de tout cela, il y en a un qui essaye tant bien que mal de composer : le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin. Le troisième du quinquennat, après Nicole Bricq désavouée et Delphine Batho, virée. Pour rester en place, il évite d’être « transgressif » (c’est son mot). Parmi ses proches, on admet qu’il adapte son ambition écologique à la demande du Président. Et puis, surtout, là où il a très bien compris François Hollande, c’est qu’il cherche à faire de l’écologie un sujet économique. « Je veux faire prospérer la notion de pacte de responsabilité écologique », dit-il en petit comité.

Un exemple : quand il a appris qu’il ne faisait pas partie du comité de pilotage de la remise à plat de la fiscalité, il s’en est plaint à Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre a cédé. Félicitations donc, même si la véritable leçon, c’est que l’écologie n’était initialement pas conviée autour de la table pour parler fiscalité. Ça en dit long sur l’ambition du pouvoir en la matière.

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