Cette semaine, c’est mouvementé à l’UMP, après le premier tour de la législative dans le Doubs. Leur candidat éliminé au premier tour, ils se battent autour des consignes de vote à donner: pour le PS ou pour l’UMP ou blanc. Et tout cela masque un sujet bien plus ennuyeux pour Nicolas Sarkozy.

Le comportement de Nicolas Sarkozy autour de cette histoire de consigne de vote est a priori incompréhensible. N’importe quel observateur prédisait un FN largement en tête au premier tour dans le Doubs. On en a parlé ici même la semaine dernière : c’était évident que la question se poserait, soit pour le PS, soit pour l’UMP, d’appeler, ou pas, à faire barrage au FN. Eh bien, il semble que le sujet ait complètement échappé à Nicolas Sarkozy. Il n’avait tellement pas prévu le coup que dimanche, à l’annonce des résultats il a demandé un délai de deux jours avant de se prononcer sur la marche à suivre. Évidemment, les dirigeants de son parti n’ont pas attendu pour donner leur avis. NKM dans les médias, Juppé sur son blog, Fillon dans un communiqué, aucun évidemment n’ayant le même avis que l’autre. L’autorité de Sarkozy en a pris un sacré coup.

C’est ce qui est intéressant, c’est que nous sommes-là au cœur du problème de Nicolas Sarkozy. Il faut se souvenir que ce rôle de président de l’UMP, il n’en voulait pas. Il considérait que ce n’était pas du tout de son niveau d’ancien président. On voit d’ailleurs qu’il a beaucoup de mal à s’y faire. Il refuse par exemple de parler au patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis: pas assez bien pour lui ! Alors aller sur le terrain, mouiller la chemise pour le candidat Charles Demouge - qui représentait l’UMP dans le Doubs - très peu pour lui. Il lui a fait croire qu’il irait entre les deux tours en cas de qualification, mais la réalité c’est qu’il n’avait pas du tout l’intention d’y aller. Sarkozy, s’il est à ce poste-là, ce n’est pas par envie, et ça commence à se sentir.

Et s'il est à ce poste, c’est à cause de l’affaire Bygmalion bien sûr, un véritable poison lent qui n’a pas fini de distiller son venin. Elle avait coûté son poste de patron de l’UMP à Jean-François Copé, que Sarkozy a récupéré, donc. Sauf que lui est concerné aussi, puisque toute la question est de savoir comment a été financée sa campagne de 2012. Elle a explosé le plafond légal et les enquêteurs soupçonnent un système de fausses factures. Il faut donc déterminer qui savait quoi. L’enquête avance, elle s'accélère même. Les perquisitions se sont enchaînées toute la semaine dernière. Chez Guillaume Lambert, ex-directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, chez Philippe Briand, ex-trésorier de la campagne, chez Franck Louvrier, ex-monsieur communication. Et encore plus embêtant, après des perquisitions en série chez Jean-François Copé, qui a finalement été mis en examen pour « abus de confiance ». Toujours dans l’affaire Bygmalion, mais dans le cadre de l’enquête sur le remboursement par l’UMP des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy après sa campagne.

Et pendant ce temps-là, l’UMP s’écharpe sur le « ni ni ». De là à penser que la diversion est organisée, il y a pas que je ne franchirai évidemment pas !

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