Par Renaud Dély

Ce matin, vous vous penchez sur ce qui sera sûrement le grand chantier de l’année 2018, la réforme de la fonction publique....  

Oui, parce que sur ce sujet explosif, Emmanuel Macron n’y va pas, mais alors vraiment pas, avec le dos de la cuiller. Le gouvernement a dévoilé ses intentions en fin de semaine dernière. Ils s’y sont mis à deux, Edouard Philippe et Gérald Darmanin. Et ils n’étaient pas de trop car le moins qu’on puisse dire, c’est que ces intentions sont, à proprement parler, révolutionnaires. D’abord parce que le gouvernement veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, mais ça on le savait déjà. Aussi parce qu’il souhaite introduire une rémunération au mérite, ce dont on se doutait. Et puis surtout, il y a la surprise du chef, l’annonce de la proposition d’un “plan de départ volontaires” qui sera soumis aux fonctionnaires. Alors, on est plutôt habitué à ce genre de procédures dans le secteur privé mais c’est, évidemment, du jamais vu dans le public ! Même le pourtant toujours mesuré secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger trouve que cette fois-ci, le gouvernement y va un peu trop fort...  

Mais alors pourquoi une telle prise de risque de la part du pouvoir ?    

Parce qu’Emmanuel Macron a de grandes ambitions pour réformer la fonction publique. Le Président est convaincu qu’il est temps de lui inculquer des modes de fonctionnement issus du secteur privé. Et au sommet du pouvoir, ils sont nombreux les responsables, ministres ou membres de cabinet, à être passés par le secteur privé qui partagent la même conviction. En plus, la léthargie des syndicats face à la réforme du code du Travail, et le coma dans quel semblent plongés depuis Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise depuis l’échec des manifestations ont renforcé leur volonté d’accélérer pour passer en force.  

Mais y a-t-il encore quelque chose qui puisse faire échouer le gouvernement sur ce dossier? 

Oui, évidemment, on ne sait jamais vraiment, mais le risque pour le pouvoir, en fait, c’est celui du trop-plein. Les fonctionnaires se sont déjà vus infliger le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence. Ce n’est pas forcément grand chose. Ca peut sembler symbolique. Mais comparé à un autre symbole, la suppression de l’ISF pour les plus fortunés, ça peut commencer à faire lourd. Alors pour l’instant, les syndicats, mais aussi les étudiants, ne bougent pas vraiment, mais au vu du rythme des réformes imposé depuis le début du quinquennat, certains macronistes commencent à redouter la surchauffe. L’un des piliers de la Macronie me glissait il y a quelques jours: “Pour l’instant, ça va, mais on ne doit pas s’enivrer et croire pour autant que nous n’avons plus d’opposants”. Hé oui Hélène, ce n’est pas parce que l’opposition est inaudible, qu’elle est inexistante. Disons que pour l’heure, elle n’est que subliminale.

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