Le baptême s’est fait en toute discrétion. Samedi dernier, deux ministres ont créé un mouvement à la gauche de la République en Marche.

Macron cherche Gauche désespérément
Macron cherche Gauche désespérément © AFP / LUDOVIC MARIN / POOL

Le 1er février dernier, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire d’Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt lançaient « Territoires de progrès ». 

Deux anciens socialistes – dont le premier a même été ministre de la Défense sous le quinquennat de François Hollande – sont donc à la manœuvre pour qu’avec ce collectif, indépendant de La République en marche (LREM), une sensibilité de gauche puisse se faire entendre au sein de la majorité. 

Deux ministres mandatés discrètement mais fermement par Emmanuel Macron, conscient que son fameux « de droite et de gauche » penche décidément vers un «  et de droite et de droite. » Une reconnaissance implicite par le chef de l’Etat de la légitimité des critiques que ne cessent de lui envoyer toute la gauche mais aussi une partie de son propre camp… 

Un mouvement dont la finalité est plutôt opérationnelle

Est-ce à dire que ce mouvement pourrait influencer la stratégie de Matignon et de l’Elysée ? On peut penser que non : si ces deux membres du gouvernement avaient un tel pouvoir, ils l’auraient déjà exercé… Ce mouvement a plutôt une finalité opérationnelle, celle de relancer les réseaux locaux agonisant depuis les dernières législatives et tenter ainsi de regagner le terrain perdu essentiellement au profit de la gauche

Ce sera probablement l’une des leçons des prochaines municipales : l’électorat socialiste qui avait massivement contribué à propulser le candidat Macron à l’Elysée se retourne peu à peu vers ses anciennes amours, socialiste ou désormais écologiste.

À mi-mandat tout est encore possible

Après la calamiteuse réforme des retraites et des couacs inutiles comme celui sur le congé de parents endeuillés… Mais la réponse ne dépend pas seulement de la macronie, elle est aussi conditionnée par les socialistes eux-mêmes. Que penser de la seule réplique qu’ait trouvée Olivier Faure, le patron du PS qui a qualifié les promoteurs de Territoires de Progrès, de « petit groupe des alcooliques anonymes, qui se retrouve après la gueule de bois » ? 

Le PS, en fait, se trouve face à un dilemme : se lancer dans de la surenchère et se mettre dans les pas d’un Jean-Luc Mélenchon. Ou alors retrouver les rivages d’une sociale démocratie de gouvernement, comme les anciens ministres de François Hollande et l’ex président lui-même ne cessent de le prôner ? 

Couper l’herbe sous le pied à ces derniers, c’est ce à quoi s’attèle ou devrait s’atteler désormais Emmanuel Macron.

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