Six mois après son arrivée à Matignon, c’est une évidence, Jean Castex n’a pas une grande existence politique. Un manque d’importance qui permettait jusqu’ici au chef de l’Etat de briller, bien au-dessus de lui, dans les sondages.

Jean Castex en septembre 2020
Jean Castex en septembre 2020 © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Cet automne, cette faible côte de popularité, était même revendiquée par le premier ministre comme la contrepartie nécessaire de décisions impopulaires et donc forcément courageuses. 

Hier encore, il nourrissait ce storytelling en plantant un frêne dans les jardins de Matignon. Un bois, je cite le Premier ministre, qui tient bien au feu… 

Vous noterez le message presque subliminal : Castex se présente comme le martyr volontaire de la cause macronienne

Mais il peine de plus en plus à remplir ce rôle

Après les débuts erratiques de la campagne vaccinale, Jean Castex ne peut absolument plus se targuer de ce qu’il revendiquait comme sa marque de fabrique : une discrète efficacité. 

Déjà, il était passé du statut de monsieur déconfinement à celui de monsieur reconfinement. 

Voilà que la campagne de vaccination qu’il avait lui-même présentée par deux fois est en train sombrer par le fond… 

La relecture de son intervention devant la presse le 3 décembre dernier est cruelle. Il y dressait un vademecum de la responsabilité de l’Etat en matière de vaccins. Selon lui, l’Etat a pour premier devoir de vérifier que tout vaccin mis sur le marché ait bien reçu les autorisations nécessaires. Soit.  Mais il doit aussi garantir que les doses arrivent rapidement et dans le cadre d'une logistique efficace. Et enfin que les publics prioritaires puissent y accéder dans des conditions de simplicité, de sécurité et de transparence.

Un mois plus tard, c’est un ratage complet. Et pour la transparence, on repassera. 

Et il ne faut pas non plus compter sur son équipe gouvernementale. 

Elle était présentée comme une addition de grandes gueules qui savent faire de la politique. On ne les écoute plus. Olivier Véran s’est abimé en défendant une stratégie indéfendable. Roselyne Bachelot est réduite à contempler le naufrage du radeau de la culture. Eric Dupond-Moretti est en suspension d’audience. Gérald Darmanin affiche une ligne brouillonne place Beauvau.

Et Emmanuel Macron dans tout ça ? Il s'agace !

Contre ceux de ses ministres qui ne réussissent pas, mais aussi, persifle-t-on dans un cabinet, contre ceux qui réussissent et seraient susceptibles de trop prendre la lumière. On l’a vu, il a pris le dossier vaccins en main, directement à l’Elysée. 

Dans cette affaire, personne ne protège Emmanuel Macron. Mais reste à savoir s’il a vraiment envie d’être protégé. 

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