Par Nathalie Schuck

Je vais peut-être vous surprendre mais ça fait plusieurs fois que j'entends le nom de la ministre de l'Education comme possible candidate à la primaire du PS, qui aura lieu en janvier.

Elle se pose des questions, Najat Vallaud-Belkacem, en tout cas certaines bonnes fées, dont de vieux compagnons de route du président, s'en posent pour elle. Et ils sont sûrs d'une chose : si François Hollande n'était pas en situation d'être candidat à la primaire socialiste, elle ne laisserait pas le champ libre à Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon et pourrait se soumettre au vote des militants.

Un vieil ami du président me disait, en souriant : « Najat, c'est la petite souris que personne ne voit venir, ils sont dans le mépris des femmes. Elle est jeune (38 ans), elle est beur et elle a de bons sondages ».

Najat Vallaud-Belkacem, c'est une « Ségolène girl ». Elle a, comme sa marraine, un sacré nez politique. Et ça n'est pas pour rien que François Hollande la surnomme "Pimprenelle" : celle qui endort les profs ! Elle est discrète, bosseuse, bonne élève. Mais elle a un sacré CV : première femme ministre de l’Éducation dans l'histoire de la République, quatrième dans l'ordre protocolaire du gouvernement, mariée au numéro trois de l’Élysée Boris Vallaud, et pur produit de la méritocratie. Elle en parle rarement mais elle est née au Maroc dans une ferme sans eau ni électricité, arrivée en France à l'âge de cinq ans pour rejoindre son père ouvrier en bâtiment.

Regardez les sondages, c'est édifiant, elle fait un carton à gauche : elle est à 73 % selon l'Ifop chez les sympathisants socialistes, au même niveau qu'Aubry et Royal, et devant Valls, Taubira et Macron. Et ça, dans une primaire fermée comme celle du PS, c'est un énorme capital !

François Hollande va être candidat, donc elle n'ira probablement pas... mais il faut la surveiller. Elle aura un bilan -peu de ministres peuvent en dire autant- sur l'école, les droits des femmes, le renforcement du droit à l'avortement, ce qui lui vaut d'être la bête noire préférée de la droite. Donc si la gauche perd en 2017, elle ne laissera pas le terrain aux quinquas Valls et Montebourg. D'autant que ses relations avec le Premier ministre se sont tendues. Elle n'avait pas apprécié de se faire chapitrer comme une petite fille lors d'une réunion à Matignon. Un proche du président me disait : « elle sera, comme Macron, dans le combat des générations ».

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