Dominique Strauss-Kahn est de retour ! Trois principaux signes permettent de le dire.

Le premier signe, ce sont les conversations politiques . Et dans ces conversations, le nom de Dominique Strauss-Kahn revient de plus en plus souvent. Je déjeunais cette semaine avec un sénateur de la majorité et, sans même que j’évoque l’ancien directeur du FMI, c’est lui-même qui l’a cité. Sur le thème : avec la crise et devant l’amateurisme du pouvoir, les socialistes vont finir par se retourner vers DSK.

dsk va porter plainte pour diffamation contre le film d'abel ferrara
dsk va porter plainte pour diffamation contre le film d'abel ferrara © reuters

Le deuxième signe, ce sont les enquêtes d’opinion. Vous vous souvenez du fameux sondage non publié qui a fait beaucoup de bruit en mars ? A la question « quelle personnalité ferait mieux que François Hollande ? », DSK arrivait en tête : 56% des Français le plaçaient devant Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Manuel Valls. Cette semaine, le baromètre TNS Sofres du Figaro Magazine a réintégré DSK dans son classement ! 22% des Français souhaitent lui voir jouer un rôle important pour l’avenir ! 26% des sympathisants socialistes et 28% de ceux de l’UMP. Plutôt pas mal compte tenu de tout ce qu’il a traversé depuis mai 2011.

Le troisième signe, justement c’est DSK lui-même. Jusqu’ici, quand ses proches évoquaient devant lui la situation politique, il se contentait d’écouter poliment, haussait les épaules et passait à autre chose. Mais ça, c’était avant. Maintenant, il explique ce qu’il ferait s’il était en situation, écoute ce que ses amis lui disent et ne hausse plus les épaules quand sont évoqués ces sondages.

Comment expliquer ces bons sondages pour un homme qui a dû démissionner du FMI après l’affaire du Sofitel de New-York et qui attend son procès dans l’affaire du Carlton de Lille ? Là aussi, trois raisons peuvent expliquer qu’une partie des Français sont prêts à se tourner vers lui.

Son éloignement de la vie politique est la première . Il n’est pas touché par l’impopularité des politiques puisqu’il s’est retiré de cette vie-là et s’est tourné vers les affaires.

Deuxième raison : le discrédit dont souffre François Hollande . Les Français le montrent à longueur de scrutins et de sondages : ils n’en peuvent plus de l’amateurisme présidentiel. Chaque exemple ne prête pas véritablement à conséquences. C’est la répétition qui crée le malaise. Le dernier en date est caricatural : le texte de la tribune présidentielle envoyée lundi dernier dans la soirée à la presse régionale qui explique que le nombre de régions passera de 22 à XXX ! Cela démontre une improvisation totale. Quand en face on vous montre, comme dans le récent documentaire sur France 2 un DSK qui décrypte la crise de l’euro de manière claire, forcément ça crée une distorsion.

Et c’est la troisième raison des bons sondages : ses compétences économiques sont reconnues et en période de crise, finalement, les Français sont peut-être prêts à oublier certains épisodes peu glorieux de sa vie privée, pourvu qu’il apporte les bonnes solutions.

Rien ne dit pour le moment que DSK veuillerevenir dans le jeu politique ! Pour l’instant, il ne bouge pas et attend la tenue de son procès. Il connait depuis hier la date de l’audience : elle a été fixée en février 2015. C’est à partir de ce moment-là que la voie sera politiquement libre et qu’il pourra décider s’il opère son véritable retour en politique.

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