Au FN, dans le psychodrame politico-familial qui s’étale sous nos yeux, Marine Le Pen est allée très loin dans la sanction contre son père.

Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai
Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai © MaxPPP/IP3/Morin Isore

Visiblement, elle ne veut pas perdre de temps puisque dans les 3 prochains mois, les adhérents seront appelés à se prononcer sur la suppression du statut de président d'honneur de Jean-Marie Le Pen. La réaction très virulente voire macho du "menhir" illustre la rupture entre la fille et son père. Marine Le Pen a politiquement tué le père. Toute à son entreprise de dédiabolisation, sa main n'a pas tremblé.

Y-a-t-il un risque de scission au sein du FN comme du temps de la rupture avec Bruno Mégret? Non, et Marine Le Pen a sans aucun doute évalué ce risque avant de prendre sa décision. Car si Jean-Marie le Pen a toujours un carré de soutiens inconditionnels, il est isolé au sein du FN. Et sa fille, sa dauphine, a tout fait pour le marginaliser lle a bien appris de son père d'ailleurs, lui offrant un poste honorifique pour mieux le faire taire. Ou tout au moins tenter. Cela ne veut pas dire qu'il ne représente plus rien au FN. Loin de là. Pour les adhérents historiques, Jean-Marie le Pen reste le fondateur du FN et son vrai leader. Et son nom, que sa fille le veuille ou pas puisqu'elle le porte encore, sera longtemps associé au parti. Ses idées ne sont pas éteintes. Certes Marine Le Pen répète qu'elle désavoue son révisionnisme, son négationnisme. Mais ce qu'on entend surtout, plus qu'une condamnation de ces déclarations, c'est qu'elles ne sont pas dans la ligne fixée par la présidente du FN. Ou plutôt dans le style qu'elle a instauré. Et c'est très différent.

Car c'est davantage la capacité de nuisance du Menhir qui est dénoncée plutôt que ce qu'il incarne. D'ailleurs Jean-Marie Le Pen n'a pas été sifllé quand il s'est invité à la tribune vendredi dernier. Et les fondamentaux n'ont pas changé: la préférence nationale par exemple. Marine sait jusqu'où ne pas aller trop loin. Et si besoin besoin sa nièce Marion Maréchal Le Pen pourrait le lui rappeler. Elle reste proche de son grand père qui l'a poussé à entrer en politique et elle pourrait veiller à défendre son héritage. C'est une ligne de fracture possible qui pourrait se dessiner. Y'aura-t-il un impact électoral à cette crise familiale? On le verra très vite dans les sondages - ce n'est pas le cas à ce stade- et surtout aux prochaines régionales. Rien n'est moins sûr. Même une ministre confiait hier soir ne pas s'attendre à un affaiblissement du FN après cet épisode. Et il y a fort à parier que Marine Le Pen va se servir de cette crise pour s'affranchir définitivement de son père. Par exemple en changeant le nom du parti. Avec le Rassemblement bleu marin, elle avait d'ailleurs déjà entamé la mue. Elle pourrait la parachever.

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