Par Renaud Dély

Je me suis interessé au sort sort de Bruno Gollnisch que Marine Le Pen somme de quitter le bureau politique du Front National.

Et Gollnisch pourrait bien obtempérer très bientôt. Sa faute, sa très grande faute, c’est donc d’être allé applaudir Jean-Marie Le Pen dimanche dernier lors du rassemblement dissident que le fondateur du FN organisait au pied de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides. Quand écoute Gollnisch, on a l’impression qu’il ne comprend pas bien ce qui lui arrive. Il ne voit pas où est le mal. Ben oui quoi, songez qu’il votait Le Pen dès 1974, qu’il adhéré au Front national il y a 33 ans et qu’il avait jusque là été le plus loyal des militants frontistes…

Bruno Gollnisch savait bien qu’en allant soutenir Jean-Marie Le Pen, il commettait une grave provocation puisque Marine LePen a exclu son père du parti.

Mais quand même. Il faut comprendre que Gollnisch, depuis plus de trente ans, c’est celui qui a tout subi, tout accepté, tout enduré du clan Le Pen. Il était aux premières loges pour soutenir le père lors de la scission contre le « pu-putschiste », Bruno Mégret à la fin des années 90. Le Pen lui a ensuite promis la succession. Et il n’a rien vu venir.

Je me souviens d’un déjeuner avec Bruno Gollnisch il y a 7 ou 8 ans. C’était au Train Bleu , le restaurant de la gare de Lyon, à Paris. L’élu FN s’apprêtait à prendre son train pour Lyon justement où il était élu à l’époque. Et il venait de comprendre que Le Pen ne tiendrait jamais sa promesse de lui transmettre les rênes du parti. Pire encore, qu’il allait offrir le magot, et le pouvoir, à sa fille, Marine. Je me souviens qu’il avait commandé un baba au rhum en dessert et que le serveur lui avait apporté avec une bouteille de rhum au cas où il voudrait ajouter un peu d’alcool sur son gâteau. Et je revois Bruno Gollnisch se resservir de grandes rasades de rhum en se lamentant, façon Caliméro d’extrême droite : « C’est injuste, c’est vraiment trop injuste… ».

Pendant des années, tout le monde l’avait appelé « le dauphin de Le Pen », et là, Jean-Marie Le Pen venait d’avoir une phrase terrible : « Le destin des dauphins, c’est de s’échouer… »

Le Pen a choisi sa fille pour lui succéder tout simplement parce qu’elle s’appelle Le Pen.

Mais ce n’est évidemment pas ce que Le Pen a dit à Gollnisch.

Quand il lui a annoncé qu’il ne serait jamais Président du FN il a préféré dire : « Bruno, tu as subi un quadruple pontage coronarien. Tu n’as plus la force de me succéder, tu vas bientôt mourir.. » Elégant, non ? Et voilà comme le dauphin est devenu le dindon de la farce lepéniste. Humilié pendant des années par le père Jean-Marie, Bruno Gollnisch est donc achevé par sa fille Marine ? C’est cruel la vie au Front National...

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