La politique, c’est une affaire d’idées. Mais aussi d’équipes. Avec Emmanuel Macron, celles-ci n’ont cessé de changer pendant le quinquennat. Macron fête l'anniversaire de sa victoire vendredi. Quand on revoit les images du 7 mai 2017, c’est frappant : il ne reste plus grand monde de cette époque autour de lui.

Emmanuel en 2021 : où sont passés les grognards du début ?
Emmanuel en 2021 : où sont passés les grognards du début ? © Getty / Antoine Gyori/Corbis

Les compagnons de route ont pris le large. Dimanche dernier, c’était Daniel Cohn Bendit qui racontait dans le Parisien sa déception… « Ce qui m’a plu chez Macron, c’était son intelligence, sa capacité à surmonter le clivage droite gauche. Aujourd’hui, il charge la barque très à droite sur la sécurité. » 

Cet exode, il a commencé très tôt. L’économiste Jean Pisani Ferry qui avait pourtant rédigé le programme s’est plaint que cela penchait trop d’un côté. Idem de la part du jeune normalien qui écrivait les discours de campagne, Quentin Lafay. Il a quitté l’Elysée et s’est relancé aux Etats-Unis…

Qu’est-ce que cela raconte sur Emmanuel Macron ?

Trois choses. 

  • D’abord la mue politique d’Emmanuel Macron. C’est l’histoire d’un candidat qui part d’un écosystème de gauche. Il embarque avec lui des sociaux-démocrates. Et puis, au fil des mois, il change de stratégie. Au point de planter aujourd’hui sa tente à droite, où se trouve selon lui le principal vivier de voix. 
  • Ensuite, il y a l’usure du temps. Les équipes fatiguent. On les renouvelle… C’est ce qui est arrivé avec la garde rapprochée de Macron : les Sibeth Ndiaye ou Ismaël Emelien. Tous ces jeunes sont, soit partis dans le privé, soit devenus préfets comme l’ancien directeur de la campagne, Jean-Marie Girier. 
  • Enfin, l’exercice du pouvoir, c’est solitaire. On n’a plus vraiment d’amis au sommet de l’Etat... Gérard Collomb l’a payé. Il pensait avoir un statut spécial auprès de Macron. Il se voyait comme un mentor. Il est tombé de haut!

Il reste quand même quelques fidèles autour du président

Citons Richard Ferrand, Christophe Castaner, François Bayrou… Et à l’Elysée, Alexis Kohler, le bras droit du président : un tout petit noyau. Du coup, pour 2022, il faudra une nouvelle équipe. 

Beaucoup se battent d’ailleurs en coulisses pour préempter les places dans le futur dispositif. Seulement, comme on l’a vu cette semaine avec le feuilleton des régionales en Provence-Alpes Cote d’Azur, les lignes politiques n’ont pas encore fini de bouger. 

Et rien ne dit que les soutiens de la dernière heure ne seront pas les grognards de la prochaine bataille. En politique, les alliés pèsent souvent davantage que les fidèles.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France