Et il a plutôt chargé la barque : réduction d’un tiers du nombre de parlementaires, introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, limitation dans le temps à trois mandats successifs pour les députés, sénateurs et présidents d’un exécutif local...

Mais aussi réforme du Conseil supérieur de la magistrature et du conseil économique, social et environnemental ou encore suppression de la cour de justice de la République. Et puis, un ajout plus récent, la promesse qu’il a faite aux nationalistes d’inscrire la Corse dans la Constitution pour lui octroyer un droit à l’expérimentation.Alors, on le voit, le chantier est vaste, très vaste. Mais pourtant en général, les questions institutionnelles ne passionnent pas vraiment les Français…  Réformer la Constitution, ça, c’est un truc de Président, surtout de Président jupitérien, qui aime à affirmer son autorité. Et surtout quand son prédécesseur, François Hollande, on s’en souvient, s’était, lui, emmêlé les pinceaux dans la déchéance de nationalité et avait du reculer et renoncer à toucher à la Constitution.

Sur ce sujet Emmanuel Macron se heurte à une solide opposition parmi les parlementaires

Et c’est une opposition très… ancien monde. Car ce sont surtout les sénateurs qui hurlent, en particulier contre la limitation du nombre de mandats dans le temps. Et c’est qui le frondeur en chef ? C’est le président du Sénat lui-même, Gérard Larcher, 68 ans, élu pour la première fois au Sénat il y a 28 ans ! Gérard Larcher, avec son look de second rôle dans « les Tontons Flingueurs », c’est plutôt la politique à la papa. Et les sénateurs qui lui emboîtent le pas, c’est pas vraiment des premières gâchettes.C’est pour ça qu’Emmanuel Macron pense qu’avec la réforme de la Constitution, il a une occasion en or d’incarner le vrai changement, le renouveau, bref, le nouveau monde. Il est même tenté de recourir au référendum pour y parvenir. Le référendum, encore un truc de chef jupitérienne, martial, gaullien même. En apparence, c’est fastoche. Mais le président devrait quand même se souvenir que c’est précisément en voulant réformer les régions et le Sénat par référendum que le général de Gaule a été chassé du pouvoir.

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