Que pourrait bien dire François Hollande demain soir pour reprendre la main ? Il répondra en direct (à 20h30) sur TF1 et RTL aux questions de 3 journalistes et 4 Français.

Demain, vous le savez, nous le savons tous, François Hollande joue son va-tout. A mi-mandat, il lui faut absolument sortir de cet enlisement dans les sables mouvants de l’impopularité. Mais le suspense est intégral : les sondages sont au plus bas, sa majorité est décomposée. Honnêtement, on ne voit pas comment il peut s’y prendre pour créer la surprise. Pourra-t-il se contenter d’affirmer sa détermination de maintenir le cap déjà fixé ? L’un de ses proches me confiait hier : « il faudra beaucoup plus que ça ». Mais quoi alors ? A entendre les confidences récentes de Nicolas Sarkozy, son successeur, il n’a aucune chance d’y arriver. Voilà ce qu’il glissait encore récemment à son sujet : « C’est juste monsieur petite blague, il ne voit pas la gravité de la situation, il a atteint son principe de Peter ».

Les Français ont l’air d’être d’accord avec Nicolas Sarkozy. Alors que peut faire François Hollande ?

Sur la forme, il peut essayer d’insuffler de l’enthousiasme, montrer ce pour quoi il faut se battre. Sur le fond, il tentera certainement quelques annonces sur l’assouplissement du marché du travail, mais elles déplairont à son camp, et, comme le reconnaît un proche « leur niveau d’acceptabilité est faible ».

l'écologie au coeur des propositions agricoles des candidats
l'écologie au coeur des propositions agricoles des candidats © reuters

Si l'on cherche un sujet plus rassembleur, on se demande pourquoi il n’insisterait pas sur le défi écologique .

Le groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat – le GIEC – vient d’annoncer des projections encore plus calamiteuses que prévu en matière de réchauffement climatique. Voilà une belle occasion de mobiliser le pays autour d’une situation potentiellement gravissime. En plus, il peut s’appuyer sur la loi de transition énergétique que défend en ce moment Ségolène Royal au Parlement.

François Hollande ne peut pourtant pas se vanter d'un début de bilan sur l'écologie.

Au grand dam des écolos, il a abandonné l’écotaxe qui avait pourtant été votée par le gouvernement Fillon. Même Nicolas Hulot a dénoncé un « renoncement qui bafoue le principe pollueur payeur ». Franchement, c’est le monde à l’envers, car le bilan de Sarkozy reste bien supérieur pour le moment : le Grenelle de l’environnement, ou les négociations énergie-climat au niveau européen avaient impressionné. En 2009, en pleine conférence sur le climat à Copenhague, Hulot saluait l’action de la France :

Justement, Hollande s’est battu pour accueillir à Paris le sommet sur le climat en 2015, et il a demandé à Hulot de l’aider. Cinq ans après le fiasco de Copenhague, Hollande a sans doute pensé que ce serait l’occasion d’une action diplomatique d’éclat. Mais pour le moment, le sommet s’annonce tout aussi difficile qu’en 2009. Un connaisseur me dit que « chacun fera en sorte que l’échec ne se voie pas pour éviter un nouveau psychodrame ». Mais ce n’est pas une cause perdue pour autant. C’est avec ce genre de défi qu’un président donne une autre dimension à son quinquennat…

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