Les maires sont très courtisés en ce moment. Au point que leurs prérogatives évoluent à vue d’œil…

Mairie
Mairie © Getty / PhotoAlto/Frederic Cirou

Hier, la secrétaire d’Etat à la transition Brune Poirson a eu une idée, comment dire…  pas très commune. Elle est allée visiter une décharge illégale à Carrière sous Poissy (dans les Yvelines), un coin qui fait peur : 47 hectares de gravats, du plâtre, des briques. Et le maire de la ville, qui raconte, désespéré : "on voit arriver les camions et on ne peut rien faire".  

Eh bien, ça va changer, puisque le maire pourra, désormais, ça été inscrit dans la loi Economie circulaire, faire saisir le véhicule, s’il voit un artisan qui déverse des déchets dans un chemin. 

Mais ce n’est pas tout. Actuellement, le gouvernement est en train de donner aux maires un tas de pouvoirs de police qu’il n’avait pas. Exemple : il pourra mettre des amendes jusqu’à 500 euros si quelqu’un laisse des encombrants sur la route. Si une branche d’arbre finit sur le trottoir. Si un permis de construire n’est pas respecté. Si un bâtiment public est dangereux. 

C’est dans la loi « Engagement et Proximité », qui arrive aujourd’hui au Sénat, en commission. Le ministre des Collectivités territoriales qui la porte, Sébastien Lecornu, veut renforcer l’autorité des maires, en leur donnant des leviers qui appartenaient avant aux préfets.

Pourquoi ces gestes ?

Les maires ont le blues. Beaucoup se sentent impuissants. Et justement, dans deux semaines exactement, il y a le congrès des maires de France. Un grand raout. Des milliers d’élus réunis à Paris.  

L’an dernier, Emmanuel Macron avait séché. Il est cette fois très attendu. Et il aura face à lui, le maire de Troyes, François Baroin, qui est en train de se positionner, petit à petit, pour une éventuelle candidature en 2022, sous la bannière des Républicains. Il dirige l’Association des maires de France.  Un puissant contre-pouvoir. 

Alors, pour la majorité, il s’agit de gagner absolument ce mano a mano. D’essayer de retourner tous ces petits maires, sans étiquette. Petits maires au passage qui verront leur indemnité potentiellement augmenter, ça aussi c’est dans la loi Lecornu. 

Ce matin, trois ministres en visite à Chanteloup-les-Vignes, après les événements

Oui. Ça devient une habitude. Vendredi dernier, ils étaient cinq ministres à accompagner Edouard Philippe à Bobigny, en Seine-saint-Denis. Pour annoncer des mesures en faveur du 93. 

Le pouvoir a trop souffert de ne pas avoir de relais locaux qui le défendent. Il veut maintenant que ça change, au moment où on bascule dans la seconde partie du quinquennat. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.