Aujourd'hui s'ouvre au tribunal correctionnel de Paris le procès de Faouzi Lamdaoui, un intime de François Hollande. Son ancien conseiller à la Diversité contraint de démissionner de l'Elysée en décembre dernier. Que révèle cette affaire ?

Faouzi Lamdaoui
Faouzi Lamdaoui © MaxPPP/Wostok Press/Francois Lafite

Dans les affaires qui concernent le pouvoir, il y a deux poids, deux mesures. Vous vous souvenez de l'affaire Aquilino Morelle, le conseiller politique de François Hollande ? Morelle est viré en 48 heures. Et Thomas Thévenoud, le ministre qui ne payait pas ses impôts? Il est éjecté au bout de 9 jours.

Dans le cas de Faouzi Lamdaoui, c'est tout le contraire. Une enquête préliminaire est lancée dès 2009. La justice veut savoir le rôle exact de Lamdaoui dans des entreprises travaillant pour des labos photos. Est-ce qu'il déclaré tous ses revenus? Est-ce qu'il n'a pas falsifié certains documents?

Cela ne l'empêchera pas d'être nommé conseiller à l'Elysée et d'y rester jusqu'au dernier moment... quand la justice le renvoie en correctionnelle pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux.

François Hollande ne pouvait pas ignorer l'existence de cette enquête. Ce type d'affaire est toujours signalé. Et puis, on va le découvrir à la lecture du dossier, les enquêteurs ont appelé le standard de l'Elysée. Une fois, deux fois, trois fois. Ils essaient d'entrer en contact avec Faouzi Lamdaoui. Sa secrétaire répond : « Il ne peut pas vous parler car il se trouve en ce moment même en rendez-vous avec le Président ». Manque de chance, on est mercredi matin, Hollande préside le Conseil des ministres. Bref, ça ne tient pas.

Dans un cas (Thévenoud, Morelle, on pourrait ajouter Cahuzac), Hollande montre les muscles. « Je suis intraitable ». Dans l'autre, le Président est embarrassé. Il a affaire à un ami qui est resté fidèle quand Hollande était seul. Lamdaoui allait lui chercher ses costards, ses lunettes chez l'opticien. Pendant la présidentielle, il a été son chef de cabinet. Certaines mauvaises langues disent qu'il connaît beaucoup de choses et qu'il pourrait balancer quelques secrets s'il se sentait lâché par le Président.

Ce qui est sûr, c’est que ça été un sujet tabou à l'Elysée, où on nous disait : « L'enquête préliminaire (...) doit être conduite (...) en respectant sans restriction la présomption d'innocence et sans qu'aucune intervention ne puisse contrarier la manifestation de la vérité, dans l'attente d'une décision au terme de cette enquête ».

Bref, circulez, il n'y a rien à voir.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.