Par Solenn de Royer.

François Hollande à l'Inauguration de la Grande Ecole du numérique au Kremin-Bicêtre, le 3 octobre 2016
François Hollande à l'Inauguration de la Grande Ecole du numérique au Kremin-Bicêtre, le 3 octobre 2016 © AFP / Philippe Lopez/Pool

Ces derniers temps, chez les soutiens de François Hollande, on sent une certaine fébrilité. Même s’ils ne ménagent pas leur peine pour tenter de créer les conditions d’une candidature pour le président sortant.

Ils font bien campagne, les amis de François Hollande, mais c’est une campagne fantôme ! Une campagne sans candidat !

Par la force des choses, il n’y a pas de QG, pas de programme. Pas de directeur de campagne non plus, donc pas de chef, du coup, ça part dans tous les sens.

Dans le désordre : le lancement chaotique d’un site internet, une réunion avec des soutiens de la société civile qui a fait un flop, et une pétition d’élus sans cesse reportée… Et pour la petite histoire, si cette pétition a été reportée, c’est que le patron des députés PS, Bruno Le Roux, a fait fuiter le projet.

Bref, c’est le bazar ! Un ami de François Hollande me disait, effaré : « Ils sont en mode panique ! Chacun organise un bout de dispositif dans son coin. Ils sont comme des canards sans tête ! »

Il faut dire qu’il y peut-être quelques raisons de paniquer. Ils sont obsédés par une question, les hollandais : comment remonter la pente ? Il reste deux mois pour crédibiliser une candidature? Deux mois, c’est peu, c’est rien. Or, sur le papier, leur situation est dramatique : les chiffres du chômage sont mauvais, les sondages catastrophiques, et à gauche, plus personne ne mise un euro sur le président.

Même le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, semble être passé à autre chose. Il sort un livre aujourd’hui. Sur le XVIIIème siècle. Titre : « Le libertinage contre la terreur ». Dans le synopsis, le plus proche conseiller du président explique qu’il se passionne depuis longtemps pour les mal aimés de l’Histoire. Ça tombe plutôt bien.

François Hollande, quand on le voit en petit comité, il déroule sa stratégie. Il est persuadé que Nicolas Sarkozy fera campagne sur l’identité. Et qu’Alain Juppé essayera d’apparaître comme le plus libéral. Alors, il se prépare aux deux scénarios.

Début septembre, il a fait un grand discours à Paris sur le terrorisme et la République. Une attaque en règle contre Sarkozy. Avant la fin du mois, il prononcera un deuxième grand discours, centré sur la défense du modèle social. Ce sera cette fois un missile anti-Juppé.

La percée d’Emmanuel Macron dans les sondages inquiète le clan Hollande mais il ne faut surtout pas le dire ! Hier, Macron était à Strasbourg, et parmi les amis de François Hollande, c’était la grande indifférence : personne ne l’a écouté.

J’ai envoyé une série de SMS après le discours de Strasbourg. J’ai reçu la même réponse. Un conseiller de l’Elysée : « pas écouté ». Une sénatrice proche du président : « pas vu, je dînais avec des hollandais ». Bref, circulez y a rien à voir !

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