Ils étaient face à face lors du second tour de la présidentielle. Aujourd’hui, l’un est président de la République, l’autre n’a même pas de groupe à l’Assemblée Nationale et peine.

Le débat télévisé d'entre deux tours de la présidentielle 2017 qui opposait Emmanuel Macron à Marine Le Pen
Le débat télévisé d'entre deux tours de la présidentielle 2017 qui opposait Emmanuel Macron à Marine Le Pen © AFP / Eric FEFERBERG

Par Jannick Alimi.

La vraie opposition à Macron, ce seraient plutôt Les Insoumis qui frappent fort au Palais Bourbon et se mobilisent dans la rue. Même les socialistes et Les Républicains, en crise profonde, restent plus audibles sur la scène politique que le FN. Et pourtant, l’un des proches du chef de l’Etat me confiait : « Ce vers quoi Emmanuel Macron bande toute son énergie, c’est freiner la progression du FN. C’est son obsession. »

Pourtant, le chef de l’Etat ne semble pas marcher sur les terres frontistes

Pas question pour lui d’aller concurrencer Marine Le Pen sur l’accueil -ou pas - des réfugiés, l’identité nationale ou l’Europe. Mais là où Macron se bat avec les mêmes armes que le FN - et que Mélenchon, d’ailleurs, le souverainiste- c’est en cherchant à réinventer une « fierté nationale. » Ses parcours mémoriels, son sacre dans la Cour du Louvre prennent ainsi toute leur signification.

Tout comme la reconquête par la France de sa place dans le concert des grands de ce monde. Surtout lorsqu’ils ont pour noms Poutine ou Trump, des leaders populistes que Macron aime autant recevoir en grandes pompes que combattre. Tout cela est bon pour sa stature présidentielle mais c’est aussi bon pour la fierté de tout un peuple en proie au doute et surtout de ceux et celles pour qui la souveraineté et la grandeur nationales restent des valeurs cardinales.

C'est l’arbre national qui cache la forêt sociale

Pour Macron, comme pour le général de Gaulle et Georges Pompidou, la grandeur de la France est indissociable de la puissance économique. Mais à quoi servirait une telle puissance si elle ne s’accompagnait d’une réduction de la fracture sociale, mère de toutes les extrêmes. De gauche comme de droite. Emmanuel Macron ne doit pas oublier que la clé de son combat contre le FN c’est faire rimer « fierté » avec liberté mais aussi égalité et fraternité.

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