Jean-Luc Mélenchon progresse dans les sondages. Il a plein de nouveaux supporters, mais aussi plein d’anciens amis qui se souviennent de lui…

Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé du 4 avril 2017
Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé du 4 avril 2017 © AFP / Lionel BONAVENTURE / POOL

Par Renaud Dély

Il est tellement populaire en ce moment Jean-Luc Mélenchon qu’il a même une super cote… au PS ! Impossible de croiser un élu socialiste qui ne fasse l’éloge de Mélenchon. « Qu’est qu’il assure ! », « Chapeau l’artiste ! », « Quel orateur ! », « On aurait jamais dû le laisser partir… ».

Voilà ce qu’on entend… Alors, bien sûr, tout ça, c’est off, puisque je vous rappelle que les socialistes soutiennent Benoît Hamon. Enfin, sauf tous les socialistes qui sont déjà passés chez Macron, mais ça c’est une autre histoire.

Au PS, donc, même Julien Dray, qui le connaît si bien reconnaît que le camarade « Méluche » réussit une belle campagne. Il admet qu’en meeting, ses numéros de stand up sont bien tournés, et qu’il a su gommer ses excès, sa violence, pour se montrer plus apaisé et donc plus rassembleur. Mais d’autres élus socialistes se disent, eux, carrément époustouflés.

Un député qui a milité à ses côtés il y a une quinzaine d’années m’a confié la recette de son succès il y a quelques jours. Il m’a dit : « Méluche, c’est la gauche plurielle à lui tout seul !» Hé oui, il a été trotskiste, puis socialiste. Il s’est ensuite allié avec les communistes. En fait, Mélenchon a avalé et digéré l’ensemble des partis de gauche. Et comme le dit un de ses soutiens, « il n’a jamais été aussi bon que depuis qu’il est… tout seul », débarrassé des appareils politiques. Un peu comme un certain François Mitterrand. Le Vieux, comme il l’appelle, c’est son modèle, son Dieu ! Mélenchon aurait accédé à la sagesse qui était celle de Mitterrand en 1981.

Un talent reconnu même au PS

Ces temps-ci, chez les socialistes, il y a comme un retour de flamme pour Mélenchon. Et beaucoup d’élus regrettent son départ il y a presque dix ans, en 2008, au lendemain du calamiteux congrès de Reims qui avait vu Martine Aubry et Ségolène Royal se déchirer sur fond d’accusations de tricherie et de bourrage d’urne. Mélenchon avait claqué la porte du PS. Un sacré déchirement, car il y appartenait depuis trente ans. Il était allé créer une petite formation, le Parti de Gauche. A l’époque, que croyez-vous qu’ont fait la plupart des ténors socialistes ? Ils ont ricané, ils ne le prenaient pas au sérieux. C’était le cas, par exemple, de François Hollande qui n’a jamais cru en lui. Ce qui est réciproque, il faut bien le dire. Résultat, Mélenchon n’a pas entraîné grand monde dans son sillage. Nombre de ses fidèles ont préféré rester bien au chaud, calfeutrés au PS. C’est le cas, parmi d’autres, d’un certain Jérôme Guedj. Jeune élu prometteur à l’époque, devenu ensuite président du conseil général de l’Essonne, puis député PS frondeur, il n’est plus aujourd’hui que porte-parole du candidat Benoît Hamon. Pas le job le plus facile du monde en ce moment.

A l’époque de « la Force Tranquille », Mitterrand avait 65 ans. Soit le même âge que Mélenchon aujourd’hui ! Dans cette campagne de jeunots, qui s’est débarrassée de tous les anciens, de Juppé à Hollande en passant par Sarkozy, le vieux, c’est Méluche…

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