Il a suffi d’un reportage sur une soirée prohibée pour secouer le monde politique : que révèle l’affaire des diners clandestins à Paris du climat politique ambiant ?

L'intérieur du Palais Vivienne, où Pierre-Jean Chalençon est accusé d'organiser des soirées clandestines en présence de membres du gouvernement.
L'intérieur du Palais Vivienne, où Pierre-Jean Chalençon est accusé d'organiser des soirées clandestines en présence de membres du gouvernement. © AFP / Thomas COEX

L’histoire vous la connaissez : M6 a diffusé les images tournées dans un hôtel particulier d’un dîner totalement interdit en pleine épidémie de Covid. 

Les tables dressées sous les ors et les moulures dessinent la représentation désastreuse d’un entre-soi élitiste, une caricature du petit monde parisien. 

Les journalistes ont joint l’organisateur, dont on apprendra qu’il s’agit de Pierre-Jean Chalençon. 

Le collectionneur avait déjà fait parler de lui au moment de la publication d’un cliché où on le voyait trinquer avec Dieudonné, lors de l’anniversaire de Jean-Marie Le Pen. 

Et Chalençon, propriétaire du palais Vivienne à Paris lâche au passage une bombe : il affirme avoir déjà croisé des ministres dans des restaurants clandestins. 

Son avocat a plaidé l’humour

Trop tard ! Le mal est fait. Que ce soit vrai ou non, tout le monde continuera à se demander si des membres du gouvernement se gobergent pendant que la majorité des Français respectent le couvre-feu et ont passé le week-end à chercher un mode de garde pour leurs enfants. 

Sur Twitter hier, les hastag #OnVeutdesNoms, #OnVeutLesDemissions ou #MangeonsLesRiches se sont multipliés. Comme un retour deux ans en arrière, au moment de la crise des gilets jaunes

Retour sur la crise des Gilets jaunes

Eruption sociale, le mouvement des gilets jaunes a également prospéré sur la crise démocratique, avec un drôle de cocktail fait de défiance absolue envers les politiques, d’obsession de leur vertu, de la morale, de leur exemplarité, le tout attisé par la violence véhiculée sur les réseaux sociaux et décuplée par quelques agitateurs médiatiques. 

Que les gilets jaunes se réveillent ou non : cela donne  une idée de l’ambiance dans laquelle l’élection de 2022 risque de se tenir. 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, après une première réaction plutôt timide de Marlène Schiappa, le gouvernement par la voix de Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une enquête. 

L’opposition, à commencer par la France insoumise, reprend déjà le vieux refrain du dégagisme. Le député Bastien Lachaud proteste ainsi contre le deux poids deux mesures :

Les pauvres et les étudiants font la queue à l’aide alimentaire mais la caste fait la fête dans ses soirées privées. Qu’ils dégagent !

Cette affaire résonne comme un nouvel avertissement. Nous sommes arrivés à un tel degré d’exaspération qu’un seul écart, s’il était avéré, serait celui de trop… 

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