La PME Manuel Valls, sa petite entreprise s’appuie sur une équipe réduite de collaborateurs qui l’accompagnent depuis toujours.

Manuel Valls, ce lundi à Evry, lors de son annonce de candidature à la primaire socialiste
Manuel Valls, ce lundi à Evry, lors de son annonce de candidature à la primaire socialiste © AFP / Lionel Bonaventure

Par Marcelo Wesfreid

La bande de Valls, on la reconnaît de loin. Ils s'habillent comme Valls. Ils parlent comme Valls. Autrement dit, c'est direct, c'est cash, viril... Tout dans le rapport de forces.

Alors, pour nous, journalistes, quand on travaille avec eux, ce n'est pas très simple. Ils sont très secrets. Un peu rigides. Un vrai commando militaire.

Valls les a recrutés il y a une dizaine d'année à la mairie d'Evry. Il les a formés. Ils l'ont suivi partout : Place Beauvau, puis, Matignon. Et maintenant la primaire...

On en voyait quelques-uns hier, à Evry. Son conseiller en communication Harold Hauzy, son chef de cabinet Sébastien Gros : des fidèles, ultra-dévoués, pour eux c'est à la vie à la mort.

Valls avec ses fidèles, il entretient un rapport curieux. Il y a un mélange de respect et de tension. Prenez Harold Hauzy : il occupe à Matignon ou occupait - il faut maintenant commencer à parler au passé - exactement le même bureau que Valls quand il était lui-même directeur de la communication de Lionel Jospin. Ils ont comme une relation de maître à élève.

Et en même temps, tous ces gens-là ont du caractère. Et donc ça explose souvent. Je me souviens de Valls, dans un hall d'aéroport à Marseille, qui crucifiait son chef de cabinet devant tout le monde.

Pour travailler avec Manuel Valls, il faut aimer les rapports assez trashs. Et pourtant, personne n'a jamais claqué la porte. Parce qu'ils croient en leur chef. Et parce que leur chef les récompense bien. Certains sont devenus préfets à 34 ans.

Avantage de ce fonctionnement : Valls a autour de lui des soldats, qui ne bougent pas, même quand ça tire. C'est ce qui a toujours manqué à François Hollande.

Inconvénient : c'est un clan, refermé sur lui-même. C'est très difficile de faire entrer de nouvelles têtes. Et ça, pour faire campagne, ce n'est pas terrible. Ça tombe mal, car Manuel Valls va devoir justement rassembler au-delà des siens.

Dans son entourage, il a aussi un petit groupe d'élus. Comme le député Philippe Doucet ou encore Carlos da Silva. Mais ils sont peu nombreux. Ce ne sont que des hommes d'ailleurs, je le souligne au passage...

Or, il va falloir, pour Valls, accueillir des Hollandais, montrer qu'il n'est pas sectaire. Avoir une équipe de campagne élargie. Ça va être un vrai défi, autant politique que personnel.

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