Une nouvelle catégorie d’hommes et de femmes politiques et d’électeurs est en train d'émerger et de prendre une place de plus en plus importante.

Par Jannick Alimi

Ces hommes et ces femmes prennent une importance accrue voire déterminante dans l’issue des scrutins qui s’annoncent. Jusqu’à présent, il y avait les élus et les électeurs de droite, de gauche, les élus et les électeurs du centre, les électeurs de Macron maintenant, et à droite et à gauche, mais désormais il faut compter avec les SDP, les « sans domiciles politiques ». Cette expression, c’est le député du Rassemblement Bleu Marine, Gilbert Collard, qui l’a lancée mais elle fait florès dans la coulisse.

Un proche du président Hollande me faisait la confidence suivante :

Ce sont ces SDP qui vont faire basculer le jeu politique dans un sens ou dans un autre dans les mois qui viennent.

Les abstentionnistes ou ceux qui votent blanc, ont toujours existé. Non les SDP ne sont pas ceux qui n’ont pas où loger mais ceux qui ne savent plus où ils habitent. Ce sont eux qui ont pris les sondeurs et les politologues de vitesse pendant la primaire de la droite et ceux qui mettent tous les candidats à la présidentielle à cran. Les Sans Domicile Politique, ce sont les déçus de la primaire de droite, encore plus nombreux depuis les déconvenues de François Fillon, qui ne verraient aucun inconvénient à voter aujourd’hui pour le FN ou alors pour Macron. Ce sont ceux qui depuis la victoire de Benoît Hamon ne savent plus à quel saint se vouer à gauche, rejoindre les frondeurs qui sont désormais à la manœuvre pour mai 2017 ou alors faire cap à la droite de la gauche en se ralliant à Macron.

Passer d’un parti à l’autre, ça a toujours existé, sauf que désormais ce phénomène de transhumance politique touche les élus eux-mêmes. Pour Gilbert Collard, encore lui, c’est un scénario plus que probable :

Si les députés LR se voyaient privés d’investiture, une dizaine d’entre eux tomberaient immédiatement dans notre escarcelle [...] Ils n’auraient plus besoin d’avoir du courage.

A gauche, c’est pareil. Un ancien ministre socialiste me disait: « Si Benoît Hamon retombe dans les sondages, surtout si Macron reste sur sa lancée, tous ceux qui ne voudront pas revivre un 21 avril 2002 ( entendez un second tour à la présidentielle sans socialiste mais avec le FN) partiront comme une volée de moineaux chez Macron. » Ce phénomène peut avoir du bon : il participerait à la recomposition du paysage politique en collant peut-être plus à la réalité du pays. Il risque aussi de déstabiliser tout le système en faisant éclater les partis traditionnels et de cela on ne sait jamais ce qui peut en ressortir.

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