Par Jannick Alimi.

Qu’ils soient aux commandes ou dans l’opposition, tous les partis cherchent ceux qui les aideront à construire une nouvelle ligne doctrinale.  Pourquoi, ils n’avaient pas de doctrine jusqu’à présent ?  

Ils le reconnaissent tous, les partis sont devenus de simples machines destinées à collecter des fonds et à remporter les élections. Mais, à l’exception de la France Insoumise qui a toujours eu son aréopage de penseurs, la recomposition de l’échiquier politique force les partis à s’inventer une doctrine. « Je suis là pour préparer l’après Macron, qui aura lieu dans cinq ou dix ans. Il nous reste à trouver un corpus idéologique », me confiait un des leaders de La République En Marche. Même besoin chez Les Républicains. Un de ses vice présidents me disait : « Macron nous force à nous remettre en cause. Nous devons trouver les intellectuels qui nous aideront à forger les outils théoriques de cette remise à jour. »  

Et les fameux « think tank ». Que deviennent-ils ?  

Ces « machines de la pensée » alimentaient les partis en idées et en stratégies. Eh bien, là aussi, c’est le grand chambardement. Car la ligne force de leurs réflexions, le clivage droite-gauche, semble avoir volé en éclats. Terra Nova ou la Fondation Jean Jaurès, robinets idéologiques du PS, sont écartelés, certains de leurs cadres, entretenant une proximité idéologique avec le chef de l’Etat. Au contraire, le très macronien Institut Montaigne ne serait plus en odeur de sainteté dans l’entourage du président, alors que des intellectuels comme Jean Pisani-Ferry, auteur du programme économique de Macron, s’écartent du locataire de l’Elysée sur le problème des migrants….  

Que faire alors ?  

Réfléchir par soi-même. « Un parti qui délègue la pensée perd sa pensée », me disait un responsable d’En Marche. Pour En Marche, il s’agit de donner à un mouvement hétérogène et empirique une doctrine qui, malgré les efforts d’Emmanuel Macron, n’est pas toujours lisible. Pour les Républicains et les socialistes, c’est la vision européenne qu'il faut préciser et affiner. On a vu que cette question avait déjà déstabilisé le FN et empêché les Insoumis de progresser. Aux partis donc de reprendre leur destin en mains pour qu’aux guéguerres des vanités se substituent le combat des idées… 

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