Un référendum sur les institutions organisé le 26 mai, en même temps que les élections européennes, c’est ce qui pourrait ressortir du Grand Débat. Est-ce une bonne idée de la part d’Emmanuel Macron ?

A priori l’idée a tout pour séduire. Plus de démocratie participative c’est ce qui fait consensus au sein de la société française, des Gilets jaunes aux Insoumis, des socialistes aux centristes, des Républicains au Rassemblement national et à la macronie.  

L’exercice aurait, en outre, le charme de l’inédit puisque ce referendum se ferait sur la base de questions multiples touchant aux institutions. Une première sous les 5 Républiques. Mais n’apporter qu’une réponse institutionnelle à la crise systémique des classes moyennes dites inférieures incarnée par les Gilets jaunes, serait la garantie d’alimenter cette colère. En outre, c’est la certitude de parasiter les prochaines élections alors que l’Europe est l’épine dorsale du projet d’Emmanuel Macron

D’ailleurs, quand Gilles Le Gendre, le patron du groupe macroniste à l’Assemblée, déclarait, lundi, à la sortie de son entrevue avec le président, qu’aucune décision n’était prise et que la question est secondaire. Traduction: une grande partie de la macronie n’y est pas favorable…  

Ce referendum serait une fausse bonne idée transformée en ballon d’essai ? 

Il aura, d’abord, eu le mérite de rythmer ces deux longs moins de grand débat. En outre, ce referendum dérangerait l’opposant numéro Un à la réforme des institutions. Je veux parler de Gérard Larcher, le président LR du Sénat qui craint pour le devenir de sa maison. Or, ce referendum c’est une épée dans les reins du sénateur pour qu’il rentre ses griffes et surtout accepte des compromis. Mais attention! Si le chef de l’Etat croit qu’il ne peut y avoir qu’une majorité de Français pour approuver la proportionnelle ou à la reconnaissance du vote blanc, si le chef de l’Etat croit que, quelle que soit l’issue des Européennes, lui Macron, se re-légitimerait grâce à ce referendum, il prend un risque énorme, et il le sait ! Ou alors, c’est qu’il est d’une assurance en lui hors norme… Un referendum le même jour que les Européennes deviendrait un plébiscite. Or, c’est bien la popularité du président de la République qui déterminera le vote des Français et pas l’inverse. Un réferendum plébiscitaire, on en connaît toujours la ou les question(s) mais rarement la réponse. Même si l’on s’appelle Emmanuel Macron.

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