François Hollande était l'invité de Patrick Cohen hier matin sur France Inter. Le chef de l’état a donc fait sa rentrée politique. Or , cette offensive médiatique était normalement programmée pour la fin du mois d’août dernier .

François Hollande spéciale Inter
François Hollande spéciale Inter © Radio France

Comme il y a l’école de la seconde chance, il y a la rentrée de la seconde chance pour François Hollande. Fin août, tout était prêt en effet pour une séquence de reconquête médiatique et politique du chef de l’Etat.

Sauf que patatras, on s’en souvient, rien ne s’est passé comme prévu avec, surtout, un remaniement surprise provoqué par les railleries d’Arnaud Montebourg et son éviction.

Mais ce ratage a eu une vertu : François Hollande a dû clarifier sa politique. Et enfin, hier, sur France Inter, le chef de l’Etat a défendu cette ligne : une ligne clairement libérale principalement, sociale accessoirement. On s’est assez plaints ici d’un manque de cap – qu’on approuve ou pas d’ailleurs- pour ne pas se féliciter qu’il y en ait enfin un ! Un cap et une autorité. Et il fallait certainement l’un pour avoir l’autre. Comme par exemple lorsque le Président a défendu la loi de son ministre de l'Economie Emmanuel Macron et ses 12 dimanches travaillés, sa mesure phare.

C’est assez rare pour être signalé : pour une fois dans la suite de ses vœux du 31 décembre, François Hollande n’a pas cherché à tout prix la synthèse. Combien de fois, jusque-là, l’avait-il privilégié au détriment de la clarté. Il aura fallu deux ans et demi pour que les choses soient enfin lisibles, intelligibles: ce fut long, mais mieux vaut tard que jamais !

Ce cap est-il irréversible ? Nous verrons. Rien ne dit en effet que François Hollande ne va pas se laisser dépasser une nouvelle fois par son penchant naturel à ne pas froisser les différentes composantes de sa majorité, en premier lieu les frondeurs, mais aussi les Verts.

Il n’y a pas pire ennemi pour François Hollande que François Hollande lui-même ! Il en a donné un petit aperçu hier matin avec une formule malheureuse sur la loi Macron qui ne serait pas, je le cite, la « loi du siècle ». On a tout à coup senti pointé une volonté de laisser ouvertes plusieurs portes. Un exercice assuranciel du pouvoir qui depuis 2012 l’a tout sauf aidé, le plaçant souvent sur la défensive, dans un corner.

Il s’est ensuite repris et globalement, reconnaissons qu’il n’a pas cherché à esquiver, à ménager plus que de raison ses adversaires au sein même du PS ou même une Cécile Duflot qui, la veille pourtant, avait sorti les couteaux dans le Journal du Dimanche . Cette autorité enfin affirmée est aussi le seul moyen d’éviter l’expression de divergences dans son gouvernement qui ont beaucoup terni son action.

François Hollande a donc assumé une ligne, et une seule. Il prend certes un risque, mais franchement, c’est bien le moindre au regard de sa popularité – ou plutôt de son impopularité- et de l’état du pays. Un souhait donc pour cette nouvelle année : qu’une bonne fois pour toutes, il s’y tienne !

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