(Par Solenn de Royer)

Alain Juppé vient de lancer la bataille de la primaire. Mais il y a un homme qui a disparu des écrans radars et qui rêve de se présenter à cette primaire : Jean-François Copé. Il avait dû quitter la présidence de l’UMP, à cause de l’affaire Bygmalionmais aujourd'hui il est dans les starting blocks pour préparer son retour.

Je vous rappelle qu’il se tait, depuis son départ forcé de la présidence de l’UMP. Cela fait 18 mois ! Pour ce boulimique des médias, je peux vous dire que c’est une performance !

Son obsession, c’est son retour, qu’il prépare depuis des mois. Ce sera le 20 janvier. Avec un livre : « Un sursaut français ». Puis, une télévision : il s’allongera sur le divan de Marc-Olivier Fogiel. Enfin, ce sera un tour de France : il commencera par Lille. Et puis, petite info : le 26 janvier, Copé recevra ses amis politiques à la Maison de la Chimie, à Paris. Un moyen de compter ses troupes, ou en tous cas ce qu’il en reste.

Au final, son objectif est clair : la primaire. Si son livre est bien accueilli, Copé pourrait se lancer.

Dans son livre il reviendra sur ce jour de mai 2014 où il a dû quitter la présidence de l’UMP. Une « exécution », selon le mot d’un proche. Mais Copé jure qu’il n’y aura pas de règlement de compte.

Je lui ai parlé hier, il m’a dit qu’il avait « tourné la page ». Et qu’il voulait se concentrer sur le « débat de fond ».

Alors, c’est un grand classique en politique ! Quand on est démonétisé, on prend du champ, on écrit un livre, et on explique qu’on a changé ! Copé, lui, explique que le snipper, c’est fini! Pendant sa traversée du désert, il a contacté tous ses ennemis, à droite, pour faire la paix. Voilà ce qu’il a dit au député Eric Ciotti : « Je veux voir tous ceux qui ont de la haine pour moi ». Un élu de droite m’a raconté qu’il avait passé tout un déjeuner à écouter Copé promettre qu’il n’était plus le même. Plus d’agressivité, plus de petites phrases, c’est juré !

En réalité, Copé se concentre sur un seul ennemi: Nicolas Sarkozy.

Mais cette tentative de retour a-t-elle la moindre chance de succès ? Difficile à dire car l’affaire Bygmalion reste pour lui une épée de Damoclès. Et puis, son image est toujours très abîmée.

Beaucoup, à droite, croient qu’il est durablement « cramé ». Je vous livre cette confidence d’un député Les Républicains : « Copé fait une erreur majeure de rentrer dans l’atmosphère politique, il va se désintégrer !»

Cela dit, Copé fait partie des rares politiques à ne jamais douter de son destin ! Je vous rappelle qu’enfant, il se déguisait en Napoléon. Autre anecdote : le jour de son mariage, il a dit à ses amis : « Vous avez de la chance, vous êtes au mariage du futur président de la République ! » En politique, quand on croit en soi à ce point là, tout est possible .

Alain Juppé m’avait dit un jour : « Pour devenir président, il faut le désir et l’obsession. » Copé a les deux. Quand on a l’obsession, en politique, tout est possible !

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