Lors de ses vœux aux français, Emmanuel Macron a publiquement mis demeure Edouard Philippe de trouver un compromis rapide avec les organisations syndicales. Une tâche éminemment difficile alors que commence la trente-troisième journée de grève dans les transports.

Le Premier ministre EdouardPhilippe
Le Premier ministre EdouardPhilippe © AFP / Bertrand Guay

Edouard Philippe n’avait pas connu pareille pression sur ses épaules de boxeur depuis les élections européennes de mai dernier.  Fait inédit, Emmanuel Macron a publiquement mis demeure son Premier ministre, lors de ses vœux. Edouard Philippe est sommé de trouver cette semaine « un compromis rapide » avec les organisations syndicales.  Et il va falloir être imaginatif alors que commence la 33e journée de grève dans les transports et qu’on ne voit toujours pas comment la situation pourrait se dégripper.  

Certes l’opinion publique bouge, mais elle penche toujours du côté des grévistes.  

Le premier ministre a-t-il vraiment de quoi se sentir fragilisé ?   

Depuis son arrivée à Matignon, l’ancien maire du Havre essuie des tirs croisés. D’un côté, ceux des marcheurs qui n’ont toujours pas digéré qu’un homme de droite accède à ce poste.  De l’autre les Les Républicains, son ancien camp, qui n’ont pas fini de le dépeindre en traître.  

Mais, c’est nouveau, Edouard Philippe fait désormais l’objet de critiques de la part de LR passés en Macronie.  « Franchement, quelle idée de vouloir passer une réforme des retraites sans aucun allié syndical », proteste l’un d’entre eux. 

Derrière ses petites blagues et ses boutons de manchette à message, Edouard Philippe arrimé coûte que coûte à son âge pivot ne serait rien d’autre « qu’un rigide qui s’ignore », lance un autre.  

Mais n’a-t-il pas l’intention de se défendre ?

Bien sûr que si. Cette semaine, on va par exemple assister au retour de Muriel Pénicaud. Les concertations avec les syndicats sont organisées mardi chez elle, au ministère du Travail. Elle a de très mauvaises relations avec Edouard Philippe mais son entrée en jeu servira peut-être à desserrer l’étau autour de Matignon. 

Dans le même temps, les appétits s’aiguisent. Et les plus solides concurrents d’Edouard Philippe viennent de son camp, de la droite. Gérald Darmanin, qui expliquait fin décembre dans Paris Match qu’il fallait autour d’Emmanuel Macron « des gens qui parlent à la France populaire ». Comprenez : des gens comme lui.  Sans oublier Bruno Le Maire qui, instruit de son expérience du CPE auprès de Dominique de Villepin, se targue d’avoir été l’un des premiers à conseiller à Emmanuel Macron de lâcher du lest au moment de la crise des gilets jaunes.  Dans le JDD d’hier, ce même Le Maire appelle d’ailleurs à, je cite, « des discussions conclusives » entre le gouvernement et les syndicats ». 

On l’a compris, ce ministre-là, que l’on sait porté sur la littérature, espère écrire un nouveau chapitre du quinquennat.

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