Faute de majorité, Manuel Valls a encore dégainé le 49-3 pour faire passer le projet de loi travail.

Parmi les propositions de réforme : la suppression de l'ISF
Parmi les propositions de réforme : la suppression de l'ISF © Maxppp / Julio Pelaez

Cette fois, la droite a décidé de ne pas opposer de motion de censure. Officiellement, pour laisser la gauche, divisée, fracturée, explosée, se donner en spectacle. Un spectacle qui finit d’achever son crédit auprès d’une majorité de Français.

Sans doute la droite a-t-elle raison de ne pas participer à cette énième bataille de chiffonniers pour se préserver et offrir le sage visage d’une possible alternance. Mais cet épisode devrait la faire réfléchir sur la bonne méthode pour réformer la France. Et Dieu sait si, en la matière, elle n’est pas avare de propositions radicales.

Supprimer l’ISF, augmenter l’âge de départ à la retraite, réduire les allocations chômage, j’en passe et des meilleures, il y a là de quoi mettre non pas des milliers mais des millions de personnes dans la rue. Et donc de quoi bloquer le processus politique de réformes…

Chacun des candidats à la primaire de novembre a sa recette. Aucun n’évoque le 49-3 qui court-circuite le vote parlementaire. Nicolas Sarkozy en pince pour le référendum, Bruno Le Maire et François Fillon aussi.

Jean-François Copé, s’inspirant du Général de Gaulle, parle d’ordonnances qui permettent au gouvernement de s’emparer temporairement du pouvoir législatif. Tous, Juppé un peu moins, veulent aller vite. Et tout mettre en œuvre dans les 100 jours suivant leur élection. Comme pour couper court à la contestation et profiter de leur légitimité électorale.

Tout cela est-il raisonnable ? Non. Le référendum ? Chacun sait que l’électeur ne répond pas à la question. Et puis, c’est une façon pour le politique de ne pas prendre ses responsabilités. C’est une arme dangereuse et démagogique.

Les ordonnances ? Certes, mais la technique est déjà très utilisée : 54 fois en 2014, 69 fois en 2015. Et, pour autant, la France n’a pas tellement changé en mieux…

La droite n’est pas prête, loin de là. On connaît ses réformes depuis longtemps.

Mais elle n’en fait pas assez, la pédagogie ne privilégie pas assez les expérimentations, ne voit pas le monde changer à vitesse grand V et affiche trop souvent des objectifs qu’elle sait intenables. Or, on sait ce que coûtent les promesses non tenues.

La droite présente deux faiblesses :

1 – Comment compte-t-elle faire ?

2 - Elle ne dit rien sur les défis de la nouvelle économie. Si la France ne s’y adapte pas très vite, elle sera aussi vite perdue et on pourra alors craindre le pire.

Moralité, la droite doit se moderniser sur le fond comme sur la forme pour espérer être à la hauteur.

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