A quelques jours des élections législatives, Emmanuel Macron et son parti La République en Marche! continuent à faire mentir toutes les lois de la politique.

Panneaux électoraux des législatives 2017
Panneaux électoraux des législatives 2017 © AFP / LOIC VENANCE / AFP

Par Jean-Baptiste Daoulas.

Par exemple pour les concurrents de « la République en Marche », il n’y a pratiquement plus de “circos en or”. Dans le jargon politique, la “circo en or”, c’est une circonscription tellement ancrée à droite ou à gauche qu’elle ne peut pas basculer. Pour caricaturer, c’est le 16ème arrondissement de Paris pour Les Républicains, ou Villeurbanne pour les socialistes. Depuis le redécoupage électoral de 2010, les spécialistes considéraient qu’il y en avait environ 120 pour la droite et 80 pour la gauche. Mais ça, c’était avant.

Prenez des députés socialistes comme Seybah Dagoma ou Jean-Christophe Cambadélis. Ils ont été élus à plus de 70% des voix en 2012. Si François Fillon avait gagné la présidentielle, ils ne risqueraient rien du tout. Mais après la victoire de Macron, plus grand monde ne croit à leur réélection.

"C’est une bombe nucléaire qui leur est tombée sur la tête”, se lamentait un baron socialiste.

Et la droite n’est pas épargnée. En janvier, Nathalie Kosciusko-Morizet s'écharpait avec Rachida Dati pour récupérer la circonscription de François Fillon dans les beaux quartiers de Paris. La précieuse investiture Les Républicains, elle l’a obtenue. Sauf qu’aujourd’hui, elle ne vaut plus rien. Emmanuel Macron a siphonné son électorat libéral. Bref, les “circos en or” ça rappelle ces histoires d’emprunts russes que nous racontaient nos grands parents. L’époque des rentiers de la politique, c’est fini !

La droite semble moins menacée que la gauche dans ses bastions. Les socialistes vont être globalement remplacés par les macronistes, alors que la droite résiste mieux. Mais le pape de la carte électorale chez Les Républicains, Alain Marleix, me le confiait il y a quelques jours : “On sera gênés dans les villes, où les gens connaissent moins leurs députés, surtout en Île-de-France et dans l’agglomération lyonnaise.”

Et ce n’est pas la fin du cumul des mandats qui va arranger les choses. Un expert électoral m’expliquait qu’un député-maire peut compter sur une prime de notoriété d’environ 2% des voix aux législatives. Or, beaucoup de députés-maires de droite ont choisi de ne pas se représenter à l’Assemblée. Et ces 2% vont cruellement manquer à leurs remplaçants. Et est-ce que l’on peut s’attendre à voir s’enraciner des “circos en or” macronistes ?

Sociologiquement, il est vrai que Lyon, Paris et des régions comme la Bretagne sont pile dans la cible du progressisme à la Macron. De là à imaginer que ce soit durable, il y a un pas.

Un des artisans du redécoupage électoral de 2010 est convaincu que les députés macronistes ne feront pas de vieux os : “Quand vous êtes élus au deuxième tour parce que vous rassemblez des gens qui veulent surtout faire barrage à votre adversaire, me disait-il, ça montre une certaine fragilité.”

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