On souffle aujourd'hui sur les trois bougies de François Hollande au pouvoir : que retenir de ses trois premières années de mandat ?

François Hollande
François Hollande © PATRICK KOVARIK / POOL/EPA/MAXPPP / PATRICK KOVARIK / POOL/EPA/MAXPPP

Pas plus tard qu’hier, j’étais avec Nicolas Sarkozy pour l’interview que nous publions ce matin dans Le Figaro , et il glissait en aparté en clin d'oeil au 6 mai 2012 : « Bonne anniversaire Monsieur Moi-président ». Mais, bon je vais essayer d’être un peu plus positif en essayant, vous l’avez dit, de répondre à la question du bilan provisoire de Hollande.

Je pense que le projet de Hollande était assez simple: il ne voulait pas changer la vie, comme en 1981, mais changer la gauche. Vous connaissez le mot de Descartes : « il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ». L’histoire de ces trois ans, c’est celle d’un homme qui voulait apprendre à la gauche à changer ses désirs. Cela s’appelle l’apprentissage du réalisme.

Et il a fini par passer aux actes. Il a d’abord osé dire qu’il était social-démocrate, il a fait le CICE, nommé Manuel Valls, remplacé Arnaud Montebourg par Emmanuel Macron qui lui est carrément libéral. Il s’est même moqué du protectionnisme et des vieux tracts du parti communiste qui voulaient transformer la France en citadelle et il a fait coter le travail du dimanche.

Finalement, François Hollande est-il arrivé à « changer la gauche » ?

Hélas, trois fois hélas, je constate qu’à l’approche de 2017, les vieux réflexes reviennent. C’est ce que démontre la lecture de la motion majoritaire du prochain congrès socialiste de Poitiers. Elle est signée par Manuel Valls et tous les modernes de la deuxième gauche, mais pour éviter une humiliation lors du vote des adhérents, il a fallu aller chercher la caution de Martine Aubry. Or dans cette motion, il n’est question que de critiquer le gouvernement et sa politique libérale.

Est-ce qu’on n’est pas dans un des classiques moments de synthèses dont le PS a le secret ?

Il y a un peu de ça, mais cela cache mal des contradictions de plus en plus inconciliables.

Gérard Grumberg et Elie Cohen le démontrent très bien dans un commentaire au vitriol publié sur le site Telos. Ces deux excellents connaisseurs des subtilités socialistes soulignent qu’il s’agit en fait d’« un ralliement aux thèses des frondeurs et d’une injonction à l’inaction pour les deux prochaines années ». Et il est vrai qu’à lire cette motion, il est hors de question de procéder à une quelconque réforme du marché du travail ou d’envisager un partenariat avec le monde de l’entreprise.Tout cela, c'est fini.

Est-ce à dire, comme ils le prétendent, qu’Hollande laisse les archaïques du parti prendre les commandes de l’appareil ? Ou est-ce encore une ruse de sa part ?

Il y a fort à parier qu’en effet, Hollande aura apporté sa modeste contribution à la modernisation de la gauche. Modeste, car comme Pénélope, il n’a cessé de défaire la nuit l’ouvrage qu’il recommençait le jour.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.