Le budget et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021 ne vont être débattus qu’à l’automne. Et pourtant, malgré la crise sanitaire, le gouvernement y travaille ?

Le casse-tête politique du budget 2021
Le casse-tête politique du budget 2021 © Getty / Nora Carol Photography

Le gouvernement et l’Elysée en ont des sueurs froides. L’exercice budgétaire s’annonce d’autant plus important que c’est le dernier du quinquennat à pouvoir être déployé dans son entier. Le budget 2022 sera en effet coupé par l’élection présidentielle. Or, la crise a fait voler en éclat toutes les ambitions de l’exécutif. Et notamment le retour à l’équilibre prévu pour 2020. Heureusement, pourrait-on dire, que la France et l’ensemble des pays de l’Union européenne ont les coudées franches pour alimenter l’activité économique. 

Mais, il faudra bien rembourser les dettes. Or, c’est d’autant plus compliqué que le gouvernement, à la suite des Gilets jaunes, s’était engagé à ne pas augmenter les impôts et même à continuer à les baisser. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, prépare déjà les esprits en reconnaissant que le gouvernement aurait à « re-débattre » de sa politique fiscale lors du budget 2021. Ce qui signifie, vous l’aurez compris,  augmenter les impôts. Soit une vraie petite bombe à la veille des régionales et un an et demi avant la présidentielle… 

Le casse tête financier se doublerait d’un casse-tête politique ? 

En effet, car la confiance vis à vis de l’exécutif risque bien de se fragiliser un peu plus. En outre, quel pourrait être le cap politique de l’action gouvernementale ? On se souvient que le fameux Macron 2 devait symboliser un virage social. Dans l’agenda de l’exécutif figurait en bonne place la dépendance, soit un pilier supplémentaire du modèle social à la française. Or, comment financer un risque aussi gigantesque avec des caisses vides ? Enfin, comme me confiait un élu macroniste : « Sans cap et sans moyens, c’est aussi tout un personnel politique qui risque in fine de faire défaut au chef de l’Etat… »

Sa majorité pourrait le lâcher ?

C’est une menace récurrente de l’aile dite de gauche de La République en Marche mais qui jusqu’à présent ne s’est pas vraiment concrétisée. Non. Si tant est qu’elle ait été vraiment pressentie, c’est l’hypothèse du remplacement d’Edouard Philippe à Matignon qui bat de l’aile. Faute de candidats. Qui à gauche ou à droite accepterait de prendre les commandes d’un navire aussi chahuté dans une période électorale aussi riche ? Emmanuel Macron, lui, n’a plus qu’à retenir son souffle à défaut d’en trouver un nouveau… 

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