Ceux qui ne savaient pas encore de quel bois se chauffait Laurent Wauquiez - droite de synthèse à la Sarkozy ou droite radicale- ont désormais quelques éléments de réponses.

Par Jannick Alimi.

Quand on cloue au pilori Alain Juppé ou Valérie Pécresse avec le doigté et la délicatesse d’un Donald Trump ou d’un Silvio Berlusconi au summum de leur forme, la réponse ne fait pas de doute : Wauquiez veut cliver. Comme me le confie un de ses proches : « Laurent a choisi sa stratégie, et ce n’est pas celle du rassemblement des LR. »

Pourtant, si Laurent Wauquiez veut l’emporter aux prochaines élections, il ne peut le faire qu’avec le plus de troupes possibles, mais pas avec n’importe lesquelles. Wauquiez en est convaincu, il ne peut élargir son champ électoral qu’en campant sur une doctrine radicale proche du FN. Et tenter ainsi d’appâter les électeurs frontistes dont beaucoup sont désemparés. Et si pour cela, il faut définitivement décourager les juppéistes et les pro-Bertrand, il ne reculera pas. La preuve : la semaine dernière, il a pris la décision d’exfiltrer tous les élus républicains qui auraient une double appartenance, comme les Constructifs-Indépendants de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Il refusera de prendre leur cotisation aux LR et la leur remboursera pour ceux qui s’en étaient déjà acquitté. Sur le plan électoral, c'est très risqué. Le prix de cette clarification idéologique passe effectivement par une déstabilisation de l’électorat LR, surtout aux municipales de 2020. On sait que les élus locaux, plus pragmatiques que les élus nationaux ou les apparatchiks des partis, sont plus portés au consensus qu’à la radicalité. Chez les LR de nombreux maires de villes moyennes ou grandes –Juppé bien sûr, mais aussi Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Arnaud Robinet à Reims ou Christophe Béchu à Angers,- sont opposés à une ligne extrêmiste. En plus, ils ne se reconnaissent pas du tout dans le discours de combat que mènent Wauquiez ou le Sénat, celui de la « France des territoires » contre celle des « villes ». Ces maires pourraient tout à fait répondre présents à la suggestion de Christophe Castaner, le leader de LREM, consistant à faire des listes « labellisées » LREM mais menées par des candidats de droite macro-compatibles. De quoi faire perdre énormément de terrain aux LR mais pas de quoi émouvoir Wauquiez.

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