Jean-Pierre Raffarin vient d’annoncer son soutien à Emmanuel Macron pour les Européennes. Mais l'ancien Premier ministre de droite dit aussi vouloir préparer un « Epinay de la droite et du centre.»

Vue générale de la tribune du Congrès de l'Unité des Socialistes qui s'et déroulé du 11 au 13 juin 1971 à Epinay-sur-seine.
Vue générale de la tribune du Congrès de l'Unité des Socialistes qui s'et déroulé du 11 au 13 juin 1971 à Epinay-sur-seine. © AFP

En apparence, c'est contradictoire puisque d’un côté, Jean-Pierre Raffarin se place aux côtés de La République en Marche à laquelle, pourtant, son parti, Les Républicains, s’oppose. Et que de l’autre, il appelle à l’union de la droite et du centre, sur le modèle du Congrès d’Epinay de 1971 pour les socialistes. Mais Jean-Pierre Raffarin, nommé à Matignon par Jacques Chirac après le choc du 21 avril 2002, sait très bien que la politique, c’est le temps politique. Ce qu’il veut, c’est à l’occasion des Européennes, clarifier la ligne Wauquiez pour après les Européennes, procéder à l’alliance de « tous les Républicains qui refusent l’extrêmisme. »  

Pari risqué ?

Un pari qui n'est pas gagné d’avance. Un an après le Congrès d’Epinay, ça a été le Programme commun sur la base duquel le PS s’alliait aux Radicaux de Gauche mais aussi au Parti communiste. Or, transplanté aujourd’hui et à droite, l’équation paraît insoluble. Elle nécessiterait, en effet, que les « LR qui refusent l’extrêmisme » s’allient avec le centre droit, dont le Modem de François Bayrou et Agir, de Franck Riester, tous deux membres de la majorité macronienne, mais aussi, avec l’équivalent à droite du PC de l’époque, c’est à dire le Rassemblement National, le parti justement contre lequel se positionnerait la future alliance. D’ailleurs, Jean-Pierre Raffarin se veut réaliste: ce qu’il cherche d’abord c’est recoller les morceaux des Républicains eux-mêmes. De Valérie Pécresse à Xavier Bertrand ou à Dominique Bussereau.  Soit une partie infime de toutes les droites, vampirisées déjà par Emmanuel Macron et Marine Le Pen… 

En politique, rien n’est joué d’avance

Il existe bel et bien une France de droite dont une partie s’exprime avec un Gilet jaune. Il suffirait que Macron déçoive et que Le Pen inquiète pour que les électeurs retrouvent le chemin de la droite classique. Et puis, Les Républicains et les centristes conservent des réseaux locaux puissants. Ils sont à la tête des influentes associations nationales, des maires, des départements et des régions. Les municipales de l’an prochain seront pour LR l’occasion de se compter et de peser en cas de triangulaires. Des négociations seraient d’ores et déjà esquissées dans des villes comme Bordeaux, Toulouse ou Nantes. Le big bang politique de 2017 est loin d’être terminé.

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